When you're feelin' the urge to get him ♆ Narcisse ♥

Icare Dalhia is offline
Invité // messages
Mer 23 Nov 2016 22:10


When you're feelin' the urge to get him




Un visage de plus à encrer sur une énième page de ton carnet à succès. L'identité de ta future victime ? Un très certain Niklaus Krueger, dealer de drogues sévissant souvent au sein du quatrième arrondissement. Homme à la musculature imposante d'un mètre quatre-vingt, une barbe entretenue sertissant sa mâchoire ainsi que le dessus de sa lèvre supérieure et des habits soignés. Une photo de lui te fut même fournie tandis qu'on t'indiqua les nombreux endroits faisant l'objet de ses fréquentations. Ton client n'avait guère jugé nécessaire de te dévoiler le motif de ce désir au parfum meurtrier. Tu te contentas de lâcher un Compris glacial et détaché avant de sortir de la pièce puis de la bâtisse. Tu retournas aussitôt à ton nouvel hôtel afin d'y préparer ta stratégie dans le calme. Tu en changeais régulièrement dans le but de semer cette petite escouade policière toujours à ta recherche depuis ton premier méfait. Tu te plaisais à leur mettre des bâtons dans les roues en changeant constamment de lieu de vie. La possession d'un appartement n'arriverait pas de si tôt.

Le chauffage de ta chambre te fit retirer ton manteau tandis que deux boutons de ta chemise sautèrent violemment. Ton corps s'affala sur la chaise et un petit soupir s'échappa dans les airs. Tes prunelles décortiquèrent de nouveau les informations soigneusement retranscrites de tes doigts agiles avant de s'attarder sur la photo. Un des lieux que Niklaus fréquentait le plus ces derniers temps était un bar du quatrième arrondissement. Tu te rhabillas soigneusement et allas alors y faire un tour une fois la nuit tombée. Tu pris soin de demeurer dans un coin sombre pour pouvoir observer scrupuleusement chacun des gestes et mouvements des clients et du personnel avant de sortir en toute discrétion. Tu répétas ce stratagème durant cinq jours d'affilé et constata la venue de ta victime un soir sur deux, exactement les mêmes dates où avaient lieu diverses représentations de danses du ventre par un jeune inconnu.

Allongé sur ton lit, un petit rictus fendit tes lèvres. Tu te relevas rapidement pour aller te dégotter le costume parfait pour cette fameuse soirée ainsi qu'une palette de maquillage aux couleurs vives. Des heures eurent le temps de s'écouler avant que tu ne fus satisfait d'un quelconque accoutrement de danseur du ventre. Le vêtement était en satin azuré et décoré de perles et paillettes en plus de mettre parfaitement en valeur tes formes, en particulier ton ventre tressé de fins abdominaux. Tu sublimerais le costume d'un beau collier de perles nacrées et d'un maquillage exquis. La nécessité d'apprendre la danse du ventre se fit sentir plus que jamais désormais et tu passas en revue de nombreuses vidéos sur le web à but explicatif afin de tenter d'apprendre les divers mouvements. La difficulté était telle que tu mis une semaine entière avant d'arriver à de délicieux résultats.

Le fameux soir était arrivé. Tu te miras dans la glace de la salle de bain. Le costume t'allait à merveille et la féminité de ton faciès fleurit avec tes paupières ornées de bleu azur et d'un trait d'eye liner. Tes lèvres arboraient un rouge à lèvres rosé ni trop foncé ni trop vif, la simplicité d'un rosé naturel à vrai dire. Tu posas un chapeau sur ta tête et enfilas ton long manteau pour aller te rendre au bar. Tu passas discrètement par la porte réservée au personnel que tu avais repérée des jours plus tôt après avoir vérifié l'absence d'une quelconque présence. Tu vagabondas lentement dans les couloirs à la recherche de la loge du fameux danseur. Tu y entras sans réfléchir ce qui surprit l'autre homme. Son cri n'eut pas le temps de ricocher contre les murs car tu t'empressas de plaquer un mouchoir imbibé de chloroforme au niveau de ses narines. Il s'écroula sur le champ, profondément endormi. Tu le relevas et le posas sur sa chaise afin d'amoindrir la future suspicion à ton propos. Aller à la rencontre de l'organisateur de la soirée qui se trouvait dans les coulisses fut ta deuxième action. Sa surprise fut atténuée par tes propos explicatifs. Le danseur habituel ne se sentait subitement pas bien et t'avait entre temps contacté pour pouvoir le remplacer. Le responsable consentit à te laisser rejoindre la piste bien que son visage était quelque peu marqué par du scepticisme. Il ne pouvait jouir d'aucune autre alternative. Il n'y avait malheureusement qu'un seul danseur et ce dernier était en vérité profondément endormi dans sa loge.




La musique commença à rythmer le bar tandis que tu entras gracieusement sur la petite piste. Ton corps se plut à onduler aisément tandis que ton ventre effectua de sensuelles torsions. Tous les regards se rivèrent sur ton écrin de chair en mouvement, à la fois surpris et charmés par la nouveauté. Tu tournas sur toi-même tandis que la lueur crépitant au sein de tes prunelles devint douce et charmeuse. Tu en profitas pour chercher discrètement du regard ta victime. La trouver te fit esquisser un tendre petit sourire. Quelques sifflements flattèrent ton égo et tu continuas ta petite mascarade, ton regard se posant par intermittence et fréquemment sur Niklaus qui ne tarda pas à le remarquer. Un sourire pervers vint enlaidir son visage déjà suffisamment repoussant. Il fut réceptionné et rendu avec légèreté par tes soins. Encore un peu et il serait complètement captivé par ta performance où plutôt ton physique enjôleur.

Le cours de l'histoire bascula pourtant violemment. Un homme à la chevelure d'un éblouissant argenté pénétra dans le bar. Tes prunelles se posèrent à peine sur lui par réflexe que tu crus te perdre au coeur du charme et de la prestance qu'il dégageait. Il avait tout pour plaire, beaucoup trop de qualités avec ces vêtements d'un luxe aveuglant et cette beauté naturelle. Tu détournas vivement le regard lorsqu'il croisa le sien en l'espace d'une seconde, quelque peu déstabilisé par sa présence. Tu parvins à te reconcentrer très rapidement sur ta victime en intensifiant la sensualité de tes mouvements. Tu n'étais pas là pour t'amuser avec un bellâtre mais pour te débarrasser de Niklaus ...

♆ Liia/Origami
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Narcisse Delaunay is offline
Politicien véreux // 149 messages
Jeu 24 Nov 2016 01:31

When you're feelin'
the urge to get him

Feat Icare Dalhia & Narcisse Delaunay

Narcisse aimait la nuit. C’était là où on portait le plus facilement un masque. On décelait moins facilement les failles et les fissures d’une comédie pourtant bien huilée. Il aimait la nuit pour sa fraîcheur moite qui embrassait ses joues lorsqu’il sortait d’un bâtiment. Il aimait la nuit pour sa noirceur qui enveloppait doucement les bruits de la ville. Si le politicien sortait occasionnellement, il faisait rarement des folies. Il s’arrangeait la plupart du temps pour aller dans un bar, sympathiser avec une jolie demoiselle ou un beau jeune homme et finalement terminer la nuit, si possible, dans un autre lit que le sien. Il préférait s’inviter chez ses conquêtes plutôt que le contraire, car lorsque la nuit se terminait alors il était temps de se concentrer sur les contours du masque que le jour rendait à présent visible. Il devait rester, autant que possible, un homme droit, honnête et respectable et il préférait s’échapper de chez son coup d’un soir à l’aube venue plutôt que d’avoir à poliment le congédier autour d’un café. Mais quoi qu’il en soit, Narcisse aimait la nuit. C’était un des seuls instants où il pouvait vraiment se détendre et se laisser aller à quelques vices qu’il s’interdisait d’ordinaire, d’autant plus s’il décidait de passer la soirée dans le quatrième arrondissement.

Même si l’endroit n’était pas recommandé pour y passer un moment seul et non accompagné, ce quartier restait le quartier de toutes les folies. La nuit y était reine et chacun pouvait y trouver au moins son bar favori ou sa discothèque préférée. Narcisse avait eu l’occasion d’en faire presque tout le tour, après quelques longues années passées à Anadéia. Il devait avouer qu’il ne s’y ennuyait jamais. Il y avait toujours quelque chose à faire, une surprise inattendue ou une rencontre intéressante. Ce n’était pas comme dans les bistrots du premier arrondissement, remplis à ras bords de salarymen éreintés qui se retrouvaient autour d’une pinte pour oublier les soucis de la journée. Ici, c’était une toute autre ambiance, plus instinctive, plus sauvage, plus dangereuse et plus excitante. Même s’il commençait à se faire un peu vieux pour ce genre d’endroits, Narcisse y passait quasiment tous les mois. Celui-ci ne dérogeait pas à la règle et le soir-venu, le politicien véreux se retrouva devant le miroir de la salle de bain pour se préparer. Comme tout le monde, il aimait s’apprêter avant de sortir. Il y avait dans ses sorties hebdomadaires toujours la volonté ou l’espoir de séduire, de se rapprocher physiquement d’un être, de partager un peu de chaleur le temps d’une étreinte et d’oublier dans un plaisir pur et bestial la lourdeur de la solitude.

De ses longs doigts fins et pâles, il noua délicatement sa cravate. Même pour une soirée détendue dans un bar, il tenait à enfiler un costume, tant pour exposer sa richesse que par la force de l’habitude. Il se sentait bien dans un costume, il avait l’impression de pouvoir mieux tromper son monde – qui pouvait bien penser qu’une vermine se cachait sous cette chemise impeccablement repassée et cette veste lisse ? Noir. La couleur de son costume. Noir, parfaitement noir pour trancher avec la blancheur éclatante de sa chemise tout juste sortie du teinturier. Narcisse rehaussa le tout d’une cravate bleu nuit au tissage délicat. Il avait remarqué qu’une jolie cravate de ce genre attirait l’œil, qu’une main curieuse s’en approchait facilement et qu’ainsi, la proie était rapidement ferrée. Déjà persuadé de pouvoir chasser ce soir, le prédateur s’observa en se recoiffant. Sa chevelure argentée attirait aussi les regards à sa manière, curieux, intéressés, intrigués, étonnés… Au moins, on le regardait. Dire qu’il en avait eu si honte… Il lui avait fallu plusieurs années avant de réussir à assumer sa particularité capillaire mais à présent, son assurance lui conférait assez de force pour assumer pleinement cette crinière si singulière. Souliers vernis et montre argentée. Narcisse passa la porte de chez lui pour rejoindre le taxi qui l’attendait déjà en bas.

Un brin d’excitation s’empara de lui quand il descendit de la voiture, un peu comme un adolescent qui rejoindrait sa première boum sans les parents. Ce sentiment était grisant, cette petite étincelle mêlée à une nervosité puérile. Allait-il séduire ce soir ? Qu’allait-il se passer ? Rentrerait-il seul ? Il était impatient de le savoir et c’est presque fébrile qu’il passa la porte du bar. L’ambiance chaude et les effluves tièdes d’alcool l’enveloppèrent brutalement. Un brouhaha assourdissant régnait sur les lieux. Les conversations se mêlaient à la musique rythmée qui résonnait depuis les enceintes réparties un peu partout. Les instruments exotiques ponctuaient la danse sensuelle d’un ventre pâle et plat et le regard azuré du politicien s’attarda sur la silhouette, vaguement intrigué. Il croisa le regard du danseur en redressant le visage et fut étonné de voir ce dernier rapidement se détourner de lui après quelques secondes hors du temps. Le cœur de Narcisse se mit à battre la mesure et il fit de son mieux pour contenir le sourire béat qui menaçait de déformer ses lèvres. Ça y est. Il le savait, la nuit était toujours prometteuse, ici. Il l’avait trouvée. Sa distraction de la nuit.

Il se fraya un chemin parmi la foule pour rejoindre la petite estrade où se déhanchait le danseur. Son corps était plaisant ; son visage encore plus. Ses muscles se mouvaient dans une danse sensuelle qui semblait réchauffer l’air autour de lui. Narcisse remarqua bien qu’une petite foule s’était pressée autour du danseur, captivée par sa grâce d’où émanait un érotisme indéniable. Les doigts du politicien se pressèrent de plonger dans sa poche pour en sortir un paquet de cigarettes et il parvint à ne pas quitter le blond des yeux tandis qu’il s’allumait un petit tube de tabac. Les volutes de fumées qui s’envolèrent dans les airs firent écho aux ondulations voluptueuses du corps du jeune homme. Narcisse pouvait bien deviner sa jeunesse, ce qui ne l’empêcha toutefois pas de l’envisager comme un potentiel partenaire – du moment qu’il était majeur et consentant, il ne risquait rien, après tout. Il s’approcha un peu plus pour le voir de plus près et ne manqua pas de remarquer un échange de regard entre un homme de la foule et le danseur oriental. Hasard du moment ? Le danseur s’appliquait-il à séduire tous les hommes d’un regard pour mieux les captiver ? Narcisse s’était-il fait avoir par la technique bien rodée du jeune individu ?

Narcisse refusait d’être un client parmi tant d’autres. Un spectateur dans la masse. Il joua des coudes jusqu’à s’approcher de l’estrade, juste à côté de l’homme qui semblait avoir capté l’attention du danseur plus que lui. Narcisse le toisa un instant. Il faisait la même taille mais son gabarit était plus large et plus imposant, sans compter les traits larges de son visage rehaussés par la présence de sa barbe. Un vrai visage de voyou, ce qui n’empêcha pas Narcisse de le fixer avec curiosité avant de sortir de sa poche une liasse de billets et de chercher à capter le regard du danseur. L’argent pouvait tout acheter, même quelques secondes d’attention de la part d’un inconnu. Ce soir, il ne laisserait personne gagner. Il avait trouvé sa cible et le prédateur comptait bien y planter ses crocs et ne pas le laisser filer. Ses lèvres s’ourlèrent d’un sourire. C’était assez excitant, ce jeu, maintenant qu’il y pensait… Ça lui donnait d’autant plus envie du danseur, comme un enfant qui convoiterait le jouet d’un autre.

« Alors comme ça, c’est danse orientale, le samedi soir ? » Il darda son regard dans celui du barbu, l’air amusé. « Rassurez-moi, vous n’êtes pas son patron ? » Il désigna le danseur du menton.
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Wearing a mask wears you out. Faking it is fatiguing. The most exhausting activity is pretending to be what you know you aren't.
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Awful
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33 ans
Humain

Icare Dalhia is offline
Invité // messages
Jeu 24 Nov 2016 22:26


When you're feelin' the urge to get him




Tes mouvements devinrent davantage voluptueux à mesure que la musique orientale dégageait ses effluves au sein de ce bar désormais beaucoup trop bondé. Tes prunelles ne cessaient de faire des va-et-vient entre le bellâtre fraîchement arrivé et cette victime qu'il te tardait d'assassiner. La surprise faillit déformer le faux sourire illuminant ton visage lorsque l'homme à la chevelure argentée vint à la rencontre de Niklaus et lui présenta nonchalamment une liasse de billets. Le barbu afficha un sourire carnassier et ignora son argent. L'inconnu à côté de lui n'était pas le seul à se faire une masse de fric. Il gagnait très bien sa vie et se fichait bien de cette petite fortune présentée à ses yeux. Il n'était pas de ce genre à se faire acheter aussi aisément à moins que son interlocuteur désirait se fournir en drogues. Un rire gras s'échappa des tréfonds de la gorge du dealer.

Niklaus ♆ Hahahaha ! Ouais mais ce n'est pas le danseur habituel. Non rassurez-vous mais je compte bien me la faire cette jolie beauté. Hé Poupée viens par là !

Il se dirigea vers toi au même moment où ta prestation s'acheva et plaqua sans prévenir ton écrin de chair contre son corps baraqué en empoignant ton fessier avec ferveur. Tu esquissas un petit rictus discret et afficha une jolie cambrure de ta silhouette tandis que tes paumes se posèrent sur son torse. Le plan se déroulait à merveille. Tu n'eus pas besoin d'utiliser davantage ton jeu d'acteur pour pouvoir l'attraper dans tes filets. Il semblait si limité intellectuellement parlant que c'en était ennuyeux. L'homme répugnant ne se gêna guère pour te dévorer le cou de baisers. Ton visage se détourna dans la direction du bellâtre, tentant de le déstabiliser d'un regard doux et désespéré histoire de voir sa réaction. Un adorable soupir franchit tes lèvres lorsque l'indésirable te claqua les fesses. Ton dégoût à son égard fut violemment réprimé mais tu ne pus t'empêcher de prendre délicatement la main de celui qui t'intéressait vraiment. Tu en profiterais pour faire d'une pierre deux coups.

Niklaus ♆ Un seul homme ne te suffit pas. Il t'en faut deux sale pute.

Le dealer te retourna violemment et bloqua ton visage avec sa main imposante.

Niklaus ♆ J'espère que ton petit cul parviendra à supporter mes coups de reins irrités pour oser me faire ce genre d'affront. Mais pourquoi pas ? Ce serait une bonne expérience pour moi.

Tu buvais ses paroles sans lui répondre. Tu les ignorais complètement en vérité et s'il n'y avait pas eu tout ces témoins présents dans le bar, tu n'aurais eu aucun scrupule à te débarrasser sur le champ de cette ordure. Tes prunelles fixèrent le bellâtre. Il était tout le contraire de la vulgarité de ta victime. Un parfait gentleman bien que quelque chose chez lui clochait. Tu le savais pertinemment que les séducteurs étaient les manipulateurs les plus terrifiants et que sous sa délicieuse apparence se dissimulait un véritable démon. Tu te détachas finalement de l'immondice et prit sa main avant d'en faire de même avec l'homme à la chevelure argentée.

Icare ♆ Suivez-moi je vous prie. Si ce genre de relation ne vous convient pas. Nous trouverons un arrangement au calme chez moi.

Tu n'attendis guère leur opinion. Tu allas chercher ton manteau en évitant de croiser le responsable de la soirée. L'autre danseur, lui, était toujours endormi mais ne tarderait pas à se réveiller. Tu les emmenas jusqu'à ta chambre d'hôtel avant que la situation ne dégénère. La porte fut soigneusement fermée à clef avec ta carte que tu dissimulas dans tes habits et tu les invitas à se mettre à l'aise. Tu allas entre temps prendre une douche assez rapide puis enfilas de beaux portes jarretelles alliés à un string en soie noir, un serre taille à lacets et en dentelle de la même couleur et enfin une belle paire de talons avant de sortir de la pièce. Tu te dirigeas vers Niklaus assis sur un fauteuil. Ce dernier se releva en un éclair en te sifflant perversement. Ses yeux lorgnèrent comme prévu sur ton corps.

Niklaus ♆ Eh bien eh bien quelle surprise érotique. Quel est ton deal Beauté ? J'espère bien que tu comptes me laisser te baiser ou cela risque de mal finir.

Un petit sourire charmeur orna tes lèvres tandis que tu lui tournas autour quelques minutes avant de l'enlacer par derrière et d'embrasser à contre coeur sa nuque. Tes paumes parcoururent son torse musclé. Niklaus se laissa progressivement aller dans ta bras, persuadé d'être le centre de ton attention alors qu'il n'en était rien de tout cela. Tes prunelles étaient sensuellement posées sur le bellâtre pendant ce temps, tentant de capturer toute son attention avec une tendresse parfaitement maîtrisée et calculée.

Icare ♆ Meurs ordure. Murmuras-tu froidement au creux de l'oreille de Niklaus.

Le barbu écarquilla les yeux de surprise à la violence de ta phrase mais n'eut pas le temps de se retourner, la lame de ton poignard traversant violemment toute la largeur de la face antérieure de sa nuque. Tu venais de l'égorger sans pitié comme un porc. Son liquide carmin jaillit fiévreusement tandis qu'il s'écroula lourdement sur le sol, agonisant les yeux en sang. Il ne cessait de te regarder d'une expression à la fois meurtrière et désespéré, s'étouffant sur place. Tu le contemplas d'un air blasé durant quelques minutes puis t'emparas de ton téléphone. Une expression glaciale et indifférente avait remplacé ton sourire enjôleur et tendre. Ton vrai visage avait daigné s'exposer face au bellâtre.

Icare ♆ Cible éliminée.

Ton client ravi de ton efficacité alliée à ta rapidité te promit de te payer une somme d'argent plus généreuse que celle qui fut prévue. Il tenta de s'assurer auprès de ta personne qu'aucun témoin n'était présent au moment de l'acte. Ton regard s'empara alors instantanément de celui de l'homme à la chevelure argentée et tu passas de longues minutes à le fixer avant que la voix de ton client ne retentisse à nouveau à travers le combiné.

Icare ♆ Aucun témoin n'était présent sur les lieux. Je me chargerai de venir récupérer mon dû demain soir.

Tu raccrochas rapidement et t'empressas de te rapprocher de l'inconnu. Ton expression faciale était toujours aussi glaciale mais s'adoucit progressivement alors que ton poignard fut jeté au sol. Ton corps grimpa et se mouva gracieusement sur le lit où se trouvait le "gentleman". Tes bras s'enroulèrent tendrement autour de sa nuque et tu tentas d'apaiser la tension par le biais d'un doux baiser dans le creux de sa nuque. Tes lèvres se plurent à se déporter au creux de son oreille.

Icare ♆ Vous ai-je surpris ? Avez-vous peur de moi ? Rassurez-vous, je ne vous tuerai pas car votre beauté a plus de valeur que votre mort. Que direz-vous cependant d'un marché entre nous deux ? J'accepte de vous offrir mon corps en échange de votre silence sur ce que vous venez d'assister. C'est équitable n'est-ce pas ? Vos charmes certes indéniables ne me feront pas les effets escomptés. Je ne suis pas de ceux se laissant embobiner par la beauté aussi délicieuse pouvait-elle être. Vous et moi sommes pareils après tout. Nous nous plaisons à nous dissimuler derrière le délice des apparences, des faux semblants et d'un jeu d'acteur. J'ai hâte de voir le jour où votre masque commencera à craqueler et rendra l'âme.

Ton visage s'éloigna de son oreille et se mit à lui faire face. Un petit sourire diaboliquement séducteur tordit tes lèvres tandis que tes prunelles s'ancrèrent dans les siennes avec tendresse. Ton bras droit quitta la douceur de sa nuque afin que ta paume puisse se loger délicatement au creux de sa soyeuse chevelure. Te voilà finalement seul en sa compagnie ...

♆ Liia/Origami
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Narcisse Delaunay is offline
Politicien véreux // 149 messages
Ven 25 Nov 2016 23:48

When you're feelin'
the urge to get him

Feat Icare Dalhia & Narcisse Delaunay

Son rire était gras et bruyant. Il lui allait si bien. L’homme était vulgaire et brusque ; un véritable rustre. Quand son ricanement lui chatouilla les tympans, Narcisse pinça doucement les lèvres. Ce genre de personnage n’était pas bien rare dans les endroits du genre et Narcisse admirait toujours le calme et le naturel avec lequel les employés et les danseurs des boîtes géraient les situations pareilles. Lui-même était doué pour jouer la comédie et feindre la joie ou l’allégresse là où il ne ressentait que mépris et dégoût, mais le politicien devait avouer que s’il devait se laisser toucher par un numéro de ce genre et garder le sourire, il aurait beaucoup de mal. Il leva légèrement les yeux au ciel. L’argent n’était évidemment pas pour le malpoli, mais pour le danseur. Après tout, s’il n’appartenait à personne, il pouvait se payer le luxe de choisir quel courtisan il préférait. Tout du moins… Il aurait pu, si l’autre homme ne s’était pas jeté sur lui pour le peloter avec la délicatesse d’un animal. Un véritable sauvage, pensa Narcisse en gardant entre ses lèvres sa cigarette, observant la scène avec un brin de dégoût et de résignation. Il s’apprêtait à passer son chemin mais en croisant à nouveau le regard du danseur, il ne put s’empêcher de rester encore quelques secondes à le contempler.

Son corps disait une chose mais son regard en disait une autre, et en devinant la détresse au fond de ses prunelles claires, Narcisse décida finalement de ne pas l’abandonner là. Après tout, n’importe qui refuserait de passer la soirée avec un rustre pareil. Le politicien se sentait sale rien qu’à l’entendre ricaner. Alors qu’il cherchait un prétexte pour s’échapper avec le blond, il fut surpris de le voir lui prendre la main et son sourcil s’arqua quand l’autre brute traduisit les intentions du danseur. Un plan à trois ? Oh non, très peu pour lui. Il préférait les chiffres pairs. Sans relever le ‘sale pute’ de son congénère, Narcisse récupéra sa main. Il n’avait pas repris la parole depuis tout à l’heure car la scène se passait de tout commentaire. La beauté si érotique d’une danse orientale effectuée avec sensualité venait de se briser en éclats, remplacée par un spectacle grossier qui ressemblait à s’y méprendre avec un début de viol. Le truand ne savait visiblement pas comment s’y prendre pour profiter de la beauté des choses. Un véritable sauvage qui se servait avant de contempler. Il coupait presque à Narcisse toute envie de continuer, étouffant dans l’œuf son désir naissant pour le danseur, la gâchant de ses mots crus et de ses gestes indécents.

En temps normal, Narcisse ne se serait pas attardé. Il sentait bien que le rustre ne lâcherait pas l’affaire et il se doutait que ce genre de personnage devenait facilement violent si on les contrariait. Narcisse préférait passer son chemin plutôt que de s’attirer des ennuis, ou tout du moins, c’était toujours la solution qu’il choisissait d’habitude. Ce soir, cependant, les quelques regards du danseur l’incitèrent à rester. Il se sentait comme investi d’une mission spéciale, tel un ange gardien. Il protègerait ce jeune homme des sales pattes de l’ours mal léché. Il ignorait comment il s’y prendrait, mais il trouverait bien une solution. Il trouvait toujours une solution. C’était un peu son boulot, après tout, de palier aux problèmes. Parfois en embrouillant la population sous des belles paroles et des lois absconses, mais des solutions quand même. Narcisse avait l’esprit vif et de plus, il n’avait pas bu la moindre goutte d’alcool. Il avait encore toute sa tête et tous les moyens à sa disposition pour prendre congé du malpoli en compagnie du blond. Comme si ce dernier lisait dans ses pensées, il les invita chez lui en promettant de trouver ‘un arrangement’, si nécessaire. Ce mot le fit presque sourire. Arrangement, c’était le mot magique pour régler tous les soucis. Un problème, madame ? Nous allons trouver un arrangement.

La tête froide et le visage impassible, Narcisse suivit les deux compères jusqu’à l’hôtel. Contrairement à son rival d’un soir, il garda ses distances avec le danseur. Nulle main baladeuse, nulle claque sur un fessier bien ferme… Dieu sait combien le geste était tentant, pourtant. Lui aussi était un homme et lui aussi avait très envie de tester la fermeté de ces fesses rebondies qu’il avait eu tout le loisir de contempler quand son possesseur se déhanchait sur scène. Pas maintenant, toutefois. Pas devant un grossier spectateur. Narcisse garda sagement les mains dans les poches de son costume et se posa à côté de la porte qui se referma, le droit bien droit, la stature digne et élégante. Il suivit du regard Nicklaus, le voyant s’affaler dans le fauteuil en se frottant les mains, l’air impatient de déguster le buffet auquel il avait goûté du bout des doigts sur le chemin. Narcisse fit semblant de ne pas le remarquer, en profitant pour observer la chambre, somme toute ordinaire. Il ne détacha son regard de la fenêtre voilée d’un rideau sombre que pour contempler la silhouette du danseur qui se dessinait depuis l’entrebâillure de la porte de la salle de bain. Il apparut rapidement ; l’indécence de ces jambes interminables surmontées par les courbes provocatrices d’un fessier presque nu fit manquer un battement de cœur à Narcisse. Il exprima bien moins bruyamment son admiration.

Ne le quittant pas des yeux, il se demanda bien ce qu’il fichait encore ici alors que le blond se rapprochait de l’autre homme. Il avait pris cette décision de les suivre sans la moindre envie d’un plan à trois, cependant, le déroulement actuel des choses lui fit se demander si le danseur avait bien compris ça. Quelque chose dans son regard, toutefois, l’interpelait. Un instinct qui lui disait que quelque chose n’allait pas, que quelque chose clochait. Quoi ? Il l’ignorait, mais il le découvrirait bien assez vite, non ? La réponse lui parvint presque juste après alors qu’il s’interrogeait. Perdu dans ses pensées, il n’eut pas le temps de réagir quand il vit l’éclat de la lame briller. Et puis du rouge. Du rouge, du rouge, du rouge. Narcisse écarquilla les yeux sans émettre le moindre son. La scène avait quelque chose de tellement irréel qu’il avait l’impression de rêver debout. Ce ne pouvait pas être vrai. Le politicien ne pouvait décemment pas considérer cette situation comme vécue et vraie. Non. Ce ne pouvait pas être vrai. Il cligna des yeux une fois, deux fois. Le gargouillis qu’émit la victime en se vidant abondamment de son sang était presque comique. Ça ressemblait vraiment aux scènes des films qu’il regardait de temps à autre et Narcisse songea un instant qu’il avait dû s’endormir devant sa télé.

Mais non. Il ne rêvait pas. Le petit quelque chose sur lequel il n’arrivait pas à mettre le doigt, cette étincelle d’étrangeté, de bizarre, d’anormal au fond des yeux du danseur… Voilà donc ce que c’était. Narcisse avait sa réponse. Etonnamment, ce n’était pas le premier mort qu’il voyait mais c’était en tout cas la première fois qu’il voyait quelqu’un se faire égorger. Il en rêverait probablement plus d’une fois mais il ne parvenait pas à paniquer. Son cerveau venait de s’enclencher en mode survie et tournait à plein régime. Même en présence d’un mort et d’un assassin, il ne pensait qu’à une seule chose : à lui. Il pensa au scandale, à la police, aux problèmes, aux journaux, à la pègre, à la corruption, à sa carrière. Quelques secondes lui suffirent pour juger qu’il valait mieux garder un pied hors de cette histoire et faire comme si de rien n’était. Même en prouvant son innocence, il entacherait son nom et sa réputation et il y tenait bien trop pour prendre ce risque. Le regard azuré du politicien s’accrocha aux yeux océan de l’assassin ; il commença tout juste à comprendre que lui aussi, pouvait être tué, tout comme il avait vu se faire tuer ce malpoli sans la moindre pitié.

Son corps se tendit légèrement quand le blond se rapprocha de lui. Il considéra ses options de repli : la porte, la fenêtre… En dernier recours, il pourrait se réfugier dans la salle de bain. Cependant, le danseur se montra étonnamment doux après un geste si… Inhumain. Cela ne fit que renforcer l’impression de Narcisse d’observer et d’assister à la scène comme à travers un écran. Comme s’il n’était pas là. Il but ses paroles dans le plus grand des calmes et dans un silence quasi religieux. Quelques secondes pour faire tomber en morceaux son masque et tuer de sang-froid un homme adulte. Ce danseur avait, comme il l’avait suspecté, quelque chose d’anormal en lui. L’instinct était terrifiant quand il ne se trompait pas. Narcisse était aussi bien impressionné qu’admiratif. Pareils… ? Lui en doutait même si les similitudes ne trompaient pas. Des mensonges dissimulés derrière des faux semblants, des attitudes pour garder la face, un peu de ténèbres derrière un masque charmant. La main de Narcisse se posa sur l’épaule du blond et il le poussa fermement pour l’écarter et se redresser.

« Pareils, hein… » Il esquissa un mince sourire en secouant doucement la tête. Sa main plongea dans sa veste pour sortir un mouchoir. « Mon silence ne s’achète pas. »

Minutieusement, il nettoya la poignée de la porte qu’il savait avoir touchée en la refermant. Pas d’empreintes. Pas de traces. Il devait disparaître de cette chambre. « Je n’aurais aucun intérêt à te dénoncer ; ce serait même plutôt stupide de ma part. » Il se raccrochait désespérément à ses propres intérêts pour tenir le coup. Il avait quand même vu un homme se faire tuer. L’égoïsme de son être était si profond qu’il suffisait à étouffer la peur, la peine et l’empathie. Rien de plus ne comptait que sa vie de luxe et son image. Narcisse jeta un regard à sa montre. « Vingt-trois heures cinquante-cinq. » Heure du décès. A quelques minutes près. Il se demanda si on visionnerait des caméras de surveillance, si la police enquêterait, si on remonterait jusqu’à lui. Il devait se montrer prudent et réfléchi. S’il paniquait, il ferait le suspect parfait. Narcisse s’agenouilla pour examiner le sol. Moquette. Le sang partirait probablement si on le nettoyait assez vite. Mais à cette heure-ci, personne ne découvrirait le corps avant le service de chambre du matin – s’il y en avait un. Narcisse réfléchissait à toute vitesse. Le danseur semblait usé à ce genre de tâche, c’était donc un habitué. Pas un amateur. Probablement familiarisé aux déguisements des crimes, ce qui dans un sens rassura le politicien. Il n’avait pas affaire à un néophyte. Ça lui garantissait un certain anonymat dans ce meurtre d’une nuit.

« Okay. » Il se redressa pour se tourner vers le blond. « C’est quoi, la suite du plan ? » Il avait dit quoi, déjà ? Qu’il ne le tuerait pas parce qu’il était beau ? « Je ne veux certainement pas voir mon nom sur les tabloïds demain matin, peu importe qui est là en train de gésir dans son propre sang. Et je suis sûr que c’est la même chose pour toi alors très bien, nos intérêts se croisent. Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu me proposais à l’instant mais un cadavre ensanglanté au pied d’un lit, c’est loin d’être la vision la plus excitante de ma vie. Même si ta tenue te va à ravir, ça ne suffit à pas compenser cette image. »

Il ponctua sa phrase en tiquant, faisant claquer sa langue contre son palais. Ça lui donnait froid dans le dos, ce visage grotesque et tordu de douleur. Comment oublier ça ? Il n’avait qu’une envie : se retrouver loin d’ici.

« Alors qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce que… Des nettoyeurs sont censés venir ? Comment ça se passe ? On attend ? On s’en va ? » Narcisse passa la main dans ses cheveux en soupirant. « Ça m’apprendra à vouloir chasser les petits jeunes en soirée, tout ça. »
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Icare Dalhia is offline
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Sam 26 Nov 2016 01:33


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Le rejet du bellâtre ne t'étonna guère. Qui serait assez fou après tout pour oser flirter avec un meurtrier. Sans doute criminel aux yeux de la loi et de la grande majorité des habitants de la ville mais héro au fond en débarrassant la société de quelques unes de ces ordures. Un travail à double tranchant où la sécurité de ta vie était constamment mise à très rude épreuve, voilà le contrat que tu avais signé pour le restant de tes jours. Tu observas le visage du politicien se décomposer face à la cruauté et l'horreur de ton acte. Il eut cependant l'audace de te faire face, clamant la valeur de son silence. Il ne pouvait s'acheter et il affirma qu'il n'avait aucun intérêt à te dénoncer aux autorités. Un petit ricanement amusé s'échappa de tes lèvres. Il ne savait vraiment pas à qui il avait à faire. C'était compréhensible après tout avec ta manie à changer d'apparence et de lieu de vie à ta guise. Qu'il finisse ou non par te dénoncer t'importait peu. Tu étais en réalité déjà fiché et constamment recherché par la police depuis bien longtemps. Tu te contentas de le contempler contenir sa panique tant bien que mal derrière la rationalité de quelques pensées. Ton corps était enveloppé d'un calme à la fois olympien et terrifiant. Tu avais tellement l'habitude d'assassiner que c'en était devenu une banalité à tes prunelles.

Icare ♆ Ce n'est plus qu'une question d'heures avant que les autorités n'arrivent sur le lieu du crime. Mais je suis un professionnel et j'ai en somme toujours une longueur d'avance sur eux. Je me complais après tout dans leur frustration d'être si proches de m'attraper. J'ai déjà étudié au préalable l'architecture de l'hôtel de fond en comble. Il n'y a des caméras que dans les ascenseurs, un moyen de sécurité en cas de panne. La seule menace est le personnel présent à l'accueil. Certes ils nous ont aperçus entrer tous les trois en même temps dans le bâtiment mais l'absence de proximité entre nos corps respectifs pourrait laisser penser que nous n'avions pas passé la nuit tous les trois ensemble. Utilisons ce point à notre avantage. Il suffit que vous descendiez avec une autre personne. Laissez-moi tout d'abord descendre en premier sans aucun déguisement pour aller remettre la carte de la chambre à l'accueil et faire croire à mon départ. Tout mes papiers d'identité sont falsifiés à la perfection et sont changés toutes les semaines par un contact. Il est donc difficile de trouver ma véritable identité. Je remonterai discrètement par l'issue de secours située à l'arrière de l'établissement qui est strictement réservée au personnel. Je toquerai à la porte et vous m'ouvrirez. Je m'attellerai à me déguiser en femme. Je possède une robe, du maquillage, des extensions et d'autres accessoires. Ils ne se douteront pas de la supercherie. Nous redescendrons ensemble cette fois-ci en faisant croire que nous sommes ensemble.

Tu espérais fortement que le jeune homme à la chevelure argentée avait parfaitement assimilé ton plan car votre temps à tous les deux était devenu précieux. Tu ne pouvais te risquer à le lui réexpliquer une nouvelle fois. Sans plus attendre, tu t'emparas de la carte de ta chambre et descendit calmement à l'accueil après t'être vêtu d'habits corrects, un sac vide sur le dos pour la remettre en mains propres au personnel de nuit. Une fois le check out achevé, tu fis mine d'aller prendre un taxi mais tournas discrètement dans une ruelle perpendiculaire à la principale pour pouvoir contourner l'hôtel et accéder à l'issue de secours qui serait déserte à cette heure si tardive. Tu y entras doucement et rejoignis rapidement ta chambre en empruntant les escaliers. Le bruit de l'ascenseur pourrait te porter préjudice. Tu mis une bonne quinzaine de minutes avant de parvenir à ton étage quelque peu essoufflé. Tu toquas délicatement à ta porte et entras rapidement dans la pièce lorsqu'elle s'ouvrit. Tu balanças le sac sur le lit et allas sur le champ te déguiser en femme dans la salle de bain. Tu posas rapidement tes extensions bouclées conférant davantage de volume à ta chevelure puis enfilas un soutien gorge push up, une longue robe en soie rouge et des talons. Tu appliquas un généreux trait d'eye liner sur chacune de tes paupières et ourlas tes lèvres d'un rouge à lèvres d'un profond carmin. Une noisette de parfum fut aspergée sur ta nuque avant que tu ne ressortis de la pièce. Ta transformation était bluffante. Heureusement que tu avais eu la chance de posséder un visage assez efféminé. Tu avais vraiment l'air d'une femme habillé de la sorte. Tu t'emparas de ton téléphone et miras l'heure qu'il affichait. Il s'était écoulé environ une bonne quarantaine de minutes depuis ton premier passage et tu jugeas qu'il était alors temps pour vous de descendre. Tu pris un sac à main féminin ayant une grande contenance pour y mettre tes habits normaux ainsi que ton maquillage et tout tes accessoires et produits. Tu fus cependant contraint d'abandonner ton costume de danseur oriental par manque de place.

Icare ♆ Détendez-vous et demeurez calme mon cher lorsque nous passerons devant eux. La moindre tension de votre part nous serait fatale. J'ai hâte de voir vos jeux d'acteur sur le feu de l'action ~

Tu enroulas un bras autour du sien et pressas ton corps contre lui afin de vous conférer davantage d'allure et de crédibilité. Tu eus même l'audace de l'embrasser dans le creux de la nuque une fois dans l'ascenseur, sachant pertinemment qu'une caméra vous filmait afin d'en rajouter une couche. L'ascenseur atteignit finalement le hall d'entrée. Le moment fatidique où vous devrez passer devant le personnel à l'accueil était désormais arrivé. Tu inspiras une grande bouffée d'air puis entamas une marche gracieuse et naturelle en resserrant en douceur ta poigne sur le bras du bellâtre.

Icare ♆ Chéri j'ai tellement hâte de découvrir la surprise que tu m'as réservé. Renchéris-tu d'une voix douce et féminine avec un radieux sourire au visage.

Le personnel vous souhaita une agréable soirée et tu les saluas poliment par réflexe. Une fois parvenus à l'extérieur, la tension redescendit d'un coup et tu allas appeler un taxi un peu plus loin. Une fois à l'intérieur, tu continuas ton jeu car toutes les personnes extérieures à l'assassinat pouvaient faire l'objet de témoins auprès de la police. Tu te lovas ainsi tendrement contre le bellâtre et couchas ta tête contre son épaule.

Icare ♆ Emmenez-nous au restaurant Red Velvet je vous prie.

Le chauffeur vous y conduisit en moins d'un quart heure. Une fois payé, il s'en alla rapidement trouver d'autres clients tandis que tu emmenas le politicien à l'hôtel situé à côté du restaurant. Tu présentas à l'accueil toutes tes fausses pièces et demandas une chambre pour la nuit. Une fois la carte en main, tu t'empressas de rejoindre la chambre. Dès que tu fus à l'intérieur tu ne perdis pas de temps pour aller enlever tes extensions, ta robe et ton maquillage avant d'aller t'assoir en sous-vêtements féminins provocateurs sur le lit en soupirant.

Icare ♆ Je ne savais pas que c'était aussi délicat de gérer une autre personne.

La tension que tu parvins parfaitement à maîtriser réussit néanmoins à nouer ton dos ainsi que ta nuque de noeuds nerveux et tu dus t'étirer soigneusement sur le lit. Tu aurais tellement apprécié pouvoir profiter des délices d'un massage mais te contentas simplement de faire craquer chacune des vertèbres de ton rachis en soupirant de béatitude ainsi que tes cervicales. Une fois cela fait, tu demeuras allongé sur le ventre et poussas un petit gémissement de plaisir, complètement détendu et n'ayant que faire de la belle vue de ton fessier galbé orné du tissu du string noir que tu offrais à l'autre homme. Tu jetas ensuite un oeil par dessus ton épaule pour voir si le politicien s'était également relaxé lui aussi ...

♆ Liia/Origami
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Narcisse Delaunay is offline
Politicien véreux // 149 messages
Dim 27 Nov 2016 00:49

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Feat Icare Dalhia & Narcisse Delaunay

Un visage tordu et figé dans une expression grotesque. Des yeux qui observaient le vide, déjà voilés par la mort. Penché au-dessus du corps, Narcisse observait le cadavre avec une curiosité à la fois malsaine et scientifique. Il n’avait pas souvent l’occasion de regarder un mort d’aussi près et il jugeait que c’était l’occasion d’en profiter alors que l’assassin avait quitté la chambre depuis à présent une bonne dizaine de minutes. La situation lui paraissait encore invraisemblable et irréelle. Un véritable déni. Il faillit toucher le corps rigide du bout des doigts mais avait encore la jugeote de penser à ses actions. Pas d’empreintes. Il avait beau ne pas être fiché, il savait que ce ne serait pas très malin de sa part de donner ce genre d’indices aux policiers. Narcisse était innocent, pourtant. Il n’était pas complice. Mais peu importait. Il resterait un fantôme dans cet histoire, un esprit invisible et la cité ne se douterait pas le moins du monde de sa présence pendant le meurtre, quand ce fait divers paraîtra dans les journaux. Narcisse y comptait bien. Il avait attentivement écouté et bu les paroles du blond. Ce dernier avait parlé de manière claire, logique et sensée : Narcisse en avait déduit qu’il avait toute sa tête. Le crime n’était pas passionnel ; peut-être était-il prémédité. Cela ne faisait que de son nouveau camarade un homme encore plus dangereux, mais également redoutablement malin et doué pour dissimuler ses traces. Dans un certain sens, ça rassurait le politicien.

Il se redressa sans quitter l’homme du regard. On aurait pu croire à une triste fin, mais être égorgé par un joli garçon en string et porte-jarretelles, il y avait tout de même pire, comme mort, songea Narcisse dans un mince sourire. La situation était si improbable qu’il avait plus envie d’en rire que d’en pleurer. Se rasseyant sur le bord du lit, il se ralluma une cigarette tout en repensant aux erreurs qu’il avait pu faire dans la vie : aucune. Chacune de ses actions l’avaient mené ici mais il ne considérait pas ça comme un échec. S’il s’en sortait vivant et sans le moindre souci, au contraire, c’était une victoire sur toute la ligne. Sa chance était tellement grande qu’il pouvait assister à un meurtre sans être mêlé à la police ! Si on ne pouvait pas appeler cela une victoire, alors il ignorait ce qui pouvait en être une… Soirée gâchée mais image sauvée, réputation préservée… C’était bien là le plus important – avec accessoirement, sa vie épargnée. Narcisse souffla quelques volutes de fumée dans les airs en pensant au fait qu’il ne pourrait jamais raconter ça à personne. Un secret à emporter dans sa tombe, avec ses nombreux autres mensonges. Un de plus, un de moins… Il était doué pour les garder, de toute façon, alors bon… Une carrière sauvée par des faux-semblants préservés, ça valait bien un bobard de plus.

Ses yeux bleus se posèrent sur la porte tandis qu’il attendait qu’un coup résonne dessus. Il s’imaginait voir la police arriver en la brisant avec un bélier, il pouvait presque entendre les miliciens piétiner le sol de l’hôtel d’un pas militaire. Un instant, il se demanda si l’autre allait réellement venir et Narcisse réalisa combien il s’était montré naïf et aveugle d’oser lui faire confiance comme ça. Le meurtrier pouvait tout à fait partir et ne jamais revenir. Appeler la police au coin de la rue et lui mettre la faute sur le dos. C’était tout à fait ce que Narcisse aurait fait, à sa place. Il se redressa pour se rapprocher discrètement de la fenêtre, osant à peine un regard à travers les rideaux. Pas de sirènes ni de gyrophares. Pas encore, du moins. Narcisse se frotta la nuque en s’insultant de tous les noms. Doublé par un enfant, percé au jour par un gamin et roulé dans la farine par un assassin. Lui qui se targuait de son parcours sans faute, il avait commis de nombreuses erreurs, ce soir. Il prépara déjà mentalement sa défense en réfléchissant aux avocats qu’il engagerait, si cette histoire devait l’emmener au tribunal. Il faudrait qu’il paye le silence des médias, aussi, mais ça, ce serait bien plus compliqué. Même en sortant innocent, son nom resterait taché… Alors qu’un frisson d’horreur lui secoua l’échine, des coups résonnèrent à la porte.

« Tu es revenu. », Constata-t-il en découvrant le blond quand il lui ouvrit.

Il se décala pour le laisser entrer et le regarda s’affairer tout en terminant sa cigarette. Sa tranquillité pouvait sembler déplacée dans un instant pareil mais il était en réalité dépassé par les événements : il ne pouvait rien faire d’autre. Paniquer ? Pourquoi faire ? Ça ne l’aiderait pas. De plus, l’assassin semblait maîtriser la situation et Narcisse était tenté de se laisser porter par les flots. Alors qu’il avait douté, l’homme était bel et bien revenu, aussi se persuada-t-il de lui faire confiance et le suivre pour la suite du plan. C’est volontiers qu’il lui prêta son bras tandis que le danseur revêtit l’apparence d’une femme. L’illusion était déjà bonne de près, elle le serait encore plus de loin et le politicien ne doutait pas que le personnel de l’hôtel se laisserait à coup sûr berner. Alors lui aussi… Lui aussi jouerait son rôle. Narcisse se retrouvait enfin. Menteur et calculateur, au point-même de faire attention à ne surtout pas laisser son regard s’attarder sur la caméra de l’ascenseur, feignant de frémir sous le doux baiser posé sur sa nuque. La comédie reprenait. Sorti de la chambre, il se devait de coller à son personnage. Bien trop de choses étaient en jeu pour qu’il se permette de faire la moindre erreur. Il sourit tendrement en contemplant le visage de sa ‘belle’, quand dans le coin de l’œil, il aperçut le réceptionniste derrière son comptoir.

« Sois patiente, ma douce… Chaque chose en son temps. »

Oui, chaque chose en son temps. D’abord brouiller les pistes en trompant les caméras… Ensuite, sortir d’ici. Et surtout, ne pas quitter son rôle. Pas avant de se retrouver seul. Narcisse poussa le vice jusqu’à lui embrasser la tempe alors qu’ils s’installaient à l’arrière du taxi. Le blond faisait vraiment illusion. Sa voix était un peu trop grave au goût de Narcisse, mais certaines femmes avaient un brin de voix plus ténu, comme celui-là. Sa peau semblait douce, comme celle de la gente féminine. Elle l’était, en plus. Narcisse pouvait le sentir sous ses lèvres, ce toucher doux et délicat d’une peau pâle et lisse. C’est volontairement qu’il laissa ses lèvres s’y attarder pour mieux en profiter. Il vit du coin de l’œil le chauffeur les observer quelques secondes dans le rétroviseur intérieur. Cela manqua de le faire sourire mais il garda le silence le long du voyage. L’image du corps ensanglanté quitta presque son esprit alors qu’il réalisait qu’il en était loin maintenant. Il n’avait suffi que de quelques minutes. Une fois chez lui, il pourrait souffler, boire un bon verre de bourbon de 15 ans d’âge et en rire avant d’aller se coucher. Cela ne serait plus qu’un fait divers dans un paragraphe du journal. Une enquête de police à laquelle il espérait ne jamais être mêlé.

En quittant la voiture, Narcisse suivit l’assassin. Il songea que ce devait être les dernières minutes du plan, que tout était terminé, fini, à classer et archiver. Il s’étonna pourtant d’être emmené dans une autre chambre d’hôtel. Peut-être était-ce à son tour d’être finalement tué, et ce, dans une chambre différente d’un hôtel différent ? Le blond se déshabillait, se débarrassant de son accoutrement et Narcisse le regarda faire sans rien dire, pensif, dans l’attente. Quand l’assassin poussa un soupir, le politicien se contenta d’arquer un sourcil, un peu étonné de sa remarque. Décidément… Quelle drôle de soirée. Il s’approcha de la fenêtre et appuya son épaule contre le mur pour s’allumer une cigarette. Encore. Le goût amer et goudronneux de la fumée l’aidait à mettre un peu d’ordre dans ses pensées. Après avoir observé la rue déserte et éclairée par les lampadaires sans piper mot, il se retourna vers le blond.

« Pourquoi est-ce que tu m’as amené ici ? », Demanda-t-il en prenant sa cigarette entre deux doigts. Il souffla dans sa direction. « Tu aurais pu me laisser dans la rue. Attendre que le taxi s’éloigne et me laisser rentrer chez moi. »

Il fit quelques pas pour rejoindre le lit alors qu’il dénoua sa cravate de son autre main. Le bout de tissu en soie glissa contre le col de sa chemise avant de tomber au sol dans un froissement ténu. Évidemment, un homme dans une tenue pareille, avec un corps pareil, dans une autre situation… Ça aurait pu grandement l’exciter. Mais la tension tout juste disparue changeait la donne. Narcisse s’était détendu, il lui faudrait un peu de temps supplémentaire pour véritablement passer à autre chose.

« Essaierais-tu de me faire sentir redevable ? » Il tira doucement sur sa cigarette en plantant son regard dans le sien. « Ou alors est-ce que ça t’amuse ? »

Que pourrait-il bien demander en échange, de toute façon ? Rien. Il n’était pas en position de réclamer quoi que ce soit, tous les torts étaient pour lui. Narcisse pouvait être rassuré sur ce point-là, il n’avait pas de dette à payer – de toute façon, il ne se sentait pas redevable. Il estimait avoir aussi fait sa part du boulot dans cette fuite. Donc pas de dette. Rien. Ils étaient quittes, sans ardoise, sans cadavre sur les bras, sans rien. Plaçant sa cigarette au coin de sa bouche, Narcisse se pencha pour déposer délicatement ses doigts sur la courbe d’une fesse nue, dévoilée par un indécent string sombre. Sa main glissa doucement sur la peau qu’il effleura pour finalement se presser un peu plus sur le muscle et tâter la chair ferme de cet appétissant fessier.

« C’est ça, que tu veux ? Tu m’as parlé de payer avec ton corps, tout à l’heure. C’est donc ce que tu souhaites ? M’emmener dans cette chambre avec ce rustre… Tu en as, du culot. Et des secrets à cacher aussi, visiblement. » Un dernier souffle avant d’écraser son mégot sur le rebord de la table de nuit. « Tu m’intrigues. »

‘Intriguer’, était-ce le bon mot ? Peut-être. Un homme qui bougeait avec la grâce et la volupté d’un ange, qui tuait de sang-froid, perçait son masque à jour avant de l’emmener avec lui dans une chambre d’hôtel… Oui, ça avait quelque chose d’intrigant, on ne pouvait le nier. Narcisse récupéra sa main pour retirer sa veste et se mettre à l’aise. Après un épisode pareil, il pouvait bien se détendre un peu. Il se releva pour aller ouvrir le mini-frigo de la chambre. Une canette de soda, deux bières et une petite flasque de whisky. Il piocha cette dernière pour en boire quelques gorgées directement au goulot.

« Tu sais qui je suis. » Devina-t-il. « Tu sais que je suis un politicien. Tu l’as dit. » Son visage n’était pas inconnu de la vie politique d’Anadéia, mais cependant, Narcisse n’était pas une figure tellement connue, il restait un anonyme dans la masse. « Et toi. Qui es-tu ? »
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Icare Dalhia is offline
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Dim 27 Nov 2016 21:58


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Tu n'aurais jamais pensé rejoindre cet hôtel avec tant de hâte. En temps normal, tu aurais quelque peu savouré ton temps une fois ton méfait soigneusement accompli. Tu étais après tout parfaitement capable d'estimer l'heure de réaction des forces de l'ordre ainsi que celle de leur venue à partir du moment où serait supposément découvert le cadavre. Tu avais tellement l'habitude de te faire traquer par les policiers. Il s'agissait-là d'une véritable chasse à l'homme à vrai dire. Et pendant tout ce temps où ils s'évertuaient sans relâche à tenter d'atteindre une cible inaccessible, combien de personnes innocentes se faisaient terriblement violer à leur insu ? Combien de personnes mourraient injustement à cause de balles perdues au coeur même d'une altercation entre les pires ordures de la société ? Combien de personnes souffraient indirectement de tout ces malfrats, de tout ce crime ? Tu soupiras doucement en plantant ton regard dans celui du politicien.

Icare ♆ Contrairement à la majorité de la population, je ne peux me permettre de vivre à un endroit fixe. Cela ferait sinon depuis bien longtemps qu'on m'aurait capturé et mis derrière les barreaux. Je n'ai fait que rejoindre la prochaine destination qui était sur ma liste par pur réflexe. Et je ne m'amuse que lorsqu'il s'agit d'une vengeance personnelle pure et dure. L'ordure que je viens d'assassiner n'était qu'une simple victime qu'un certain client m'avait demandé d'éliminer. Rassure toi, je ne tuerai jamais de personnes innocentes et je serai capable d'en refaire les frais une nouvelle fois s'il arrivait qu'on me demande de réaliser une énième fois ce genre de services.

Tu n'oublieras jamais ce monsieur Macciato, parrain de la mafia ayant eu l'audace de te demander de lui débarrasser de l'enfant de sa femme en prétextant qu'il s'agissait du fruit d'un adultère de cette dernière. Tu avais refusé froidement cette requête et avais dû en payer le douloureux prix malgré toi. Ce genre d'horreurs n'était pas rare dans un métier comme le tien. Vous vous demandez certainement ce qu'il t'avait fait subir au cours de cette atroce soirée qui avait alors semblé durer une éternité tant ta souffrance était à son paroxysme. Ce salopard avait osé demander à ses hommes de main de te maîtriser fermement tandis qu'il s'était adonné à réduire en miettes tes habits. Ils t'avaient ensuite ligoté à un lit et ce cher connard se plut à te pénétrer sans ménagement avant d'onduler rageusement jusqu'à atteindre la jouissance. Il t'avait ensuite laissé en pâture à ses hommes qui s'étaient ainsi amusé avec toi toute la nuit. Tu avais tellement gémi de douleur ce soir-là que ta voix avait fini par se briser, surtout aux moments où ces animaux t'avaient pris à deux en même temps quitte à te faire saigner sur le lit. C'était la deuxième fois de ta vie où des gouttes nacrées perlèrent le long de tes joues. Une fois qu'ils étaient rassasiés, ils avaient abandonné sans aucun scrupule ton corps meurtri et souillé de sperme au coin d'une rue. Heureusement qu'un passant ayant le coeur sur la main t'avait recueilli, nourri et habillé pour une nuit. Sa bonté avait été chaleureusement remercié par tes soins. Quant à ces ordures de mafieux, ils avaient également été remerciés pour leur "générosité" à ton égard. D'une tout autre manière cependant.

Tu avais égorgé un homme de main par jour en laissant le parrain le dernier en vie en guise de dessert. Ses cris de douleur et ses supplications à ton égard t'avaient conféré un sentiment de dominance si intense que ta torture avait duré plus de temps que prévu à cet effet. Tu l'avais finalement brûlé vif une fois lassé de sa torpeur. Ce macabre massacre avait fait la une de toute la presse une fois découvert par les policiers du fait de sa violence. Un petit rictus de satisfaction avait tordu tes lèvres lorsque tes prunelles fixèrent l'intitulé en gras et en lettres capitales de ton journal fraîchement acheté.

Le sensuel frôlement des doigts du bellâtre te ramena à la réalité d'une manière cinglante. Ta tête se détourna et se pencha légèrement vers l'arrière tandis qu'un petit frisson te parcouru l'échine. La chaleur de sa peau contre la tienne était si délicieuse que tes fesses se contractèrent de béatitude lorsque sa paume s'empara gourmandement d'une de tes sphères lunaires, t'arrachant par la même occasion un doux soupir de bien-être.

Icare ♆ Je ne nie pas mon envie de passer la nuit dans les bras d'un bel homme, qui plus est aux actions à l'apparence délicate et diaboliquement réfléchie. J'ai voulu faire d'une pierre deux coups. Tuer est devenu tellement banal pour moi que j'en ai complètement oublié qu'il s'agissait d'une horreur pour les gens extérieurs. Tu es tout aussi intriguant. Qu'est-ce qui t'empêche de partir désormais ? N'importe qui le ferait en temps normal. Mais tu demeures dans cette chambre en compagnie d'un meurtrier. As-tu quelque chose à y gagner ?

Tu te retournas sur le lit pour pouvoir adopter une position atténuée en provocation. Le bellâtre ne s'était pas attardé sur le tatouage en forme d'ailes d'ange au niveau du creux de tes reins ce qui t'intrigua quelque peu. Tous les hommes ayant eu l'occasion de pouvoir contempler ton corps avaient toujours eu la manie de réagir à la vue de ce dernier. Certains le trouvaient sexy et le couvraient de baisers tandis que d'autres s'amusaient à suivre ses contours de leurs doigts. Tu descendis finalement du lit pour aller ouvrir à ton tour le mini bar. Tu sortis une barre chocolatée contenant un coeur de noisettes et de caramel et commenças à la déguster de manière très tendancieuse, tes prunelles rivées sur l'autre homme. Tu lorgnas sur son beau torse musclé et tentas de t'imaginer quelle merveille pouvait bien se dissimuler sous le tissu de sa chemise. Dommage qu'il n'eut pas le réflexe de faire sauter quelques boutons. Son sex appeal déjà bien présent aurait grimpé en flèche.

Icare ♆ Au vu de ton talent à revêtir un agréable semblant illusoire, je me suis dit que soit tu pouvais être un avocat soit un politicien. Je ne me suis pas trompé apparemment. Qui je suis ? Un simple ... meurtrier ...

Le dernier mot que tu prononças te fit mal au coeur. C'était bel et bien ce que tu étais pourtant. Un criminel tentant d'apaiser son affliction, son impuissance face au meurtre de ses géniteurs ainsi que l'absence si brutale de leur présence par l'assassinat qui lui conférait un sentiment de puissance, de dominance sur autrui ...

Icare ♆ Et toi, qui es-tu réellement ?

♆ Liia/Origami
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Narcisse Delaunay is offline
Politicien véreux // 149 messages
Dim 27 Nov 2016 23:51

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Feat Icare Dalhia & Narcisse Delaunay

Narcisse fut surpris de se faire retourner la question. C’est vrai, tiens. Pourquoi l’avait-il suivi et pourquoi diable restait-il ? Par curiosité ? Par envie, peut-être ? Par crainte ? Il l’ignorait. Il ne pouvait décemment pas s’en aller sans en apprendre plus sur cet homme. Il ne pouvait pas rentrer chez lui sans chercher à extraire quelques secrets de cette bouche insolente et tentatrice. Ce serait folie de ne pas chercher à éponger son ignorance par quelques questions. Un homme venait de se faire tuer. Il fallait bien qu’il sache. Pourquoi. Par qui. Comment. Narcisse n’avait pas manqué de relever qu’il ne tuait jamais d’innocents. Un homme avec des principes. Un tueur avec des principes. Même un meurtrier avait donc plus de dignité que lui, car des principes, Narcisse n’en avait pas. Il pensait ne pas en avoir, en tout cas. Il savait pertinemment que les informations qu’il communiquait à la pègre avaient des conséquences, mais il s’en fichait. Pas de principes. Juste de la vénalité, de l’envie, de l’égoïsme. Sa dignité n’était qu’une illusion ; ses principes, des faux-semblants. Narcisse ne servait que ses intérêts, et pourtant, en restant ici, dans cette chambre, il n’avait rien à gagner. Il avait déjà gagné sa tranquillité et son anonymat dans cette histoire sanglante. Au mieux, il pourrait s’enrichir de quelques réponses… Rien de plus.

La curiosité semblait le garder ici. Avide de réponses et de savoir. Restant assis sur le bord du lit, il le regarda se lever et se diriger vers le petit frigo. Étrangement, il ne se sentait pas en danger. L’homme avait pourtant égorgé sa victime de sang-froid avant de lui avouer sans détours qu’il était un meurtrier. Son indifférence cruelle et déconcertante aurait pu l’inquiéter, mais étonnamment, elle l’apaisait. Et puis, il ne tuait pas les innocents et Narcisse était innocent, non ? Tout du moins, il s’en convainquait pour s’assurer qu’il ne craignait rien. Comment croire que ces courbes provocatrices, que ce corps efféminé et dénudé cachait un redoutable tueur ? Narcisse s’était cru doué pour dissimuler les apparences mais il avait trouvé son maître. Même si la faible lueur étrange au fond de ce regard azuré lui avait mis la puce à l’oreille, il ne se serait jamais douté de la vérité. Et la vérité faisait peur. La vérité était violente, sanglante, brutale et sombre. La vérité ne prenait pas de pincettes, la vérité arrivait en pleine face, brusque et imprévisible. Il y avait bien des raisons pour que Narcisse la déteste à ce point… Il en était encore un peu secoué et sous le choc. Cependant, il commençait à l’accepter. Cette vérité cruelle. Cette vérité dangereuse. Cette vérité tout court.

Le danseur, au final, ne savait pas non plus qui il était. Il s’en était juste douté. Manipulateur et intelligent, un cocktail drôlement redoutable. Un homme à craindre, pour qui Narcisse éprouvait pourtant une pointe d’admiration. Il se sentit soulagé de demeurer anonyme. Pas de nom, juste un visage. Deux personnes qui se toisaient sans se connaître. Il y avait quelque chose de rassurant dans le fait qu’il puisse se lever, s’en aller et disparaître dans la masse, s’évader dans la cité et redevenir un visage parmi mille visages, un homme parmi mille hommes. Pourtant, Narcisse subsista dans cette chambre, sur le bord de ce lit, à contempler ce visage lisse et pâle d’où ne pointait pas la moindre expression de regret, de crainte ou de terreur. Le visage d’un meurtrier, songea Narcisse avant de contenir un sourire quand le tueur s’enquit de savoir lui aussi qui il était. Cela le fit sourire car la question, aussi simple fut-elle, avait beaucoup de sens. Qui es-tu réellement. Ce ‘réellement’ sonnait étrangement à ses oreilles. Jamais personne ne lui avait demandé ça. Jamais personne n’avait, semblait-il, voulu le connaître réellement. Les gens se contentaient de l’image. De l’emballage. Ils se satisfaisaient de ce reflet renvoyé à la face du monde, sans jamais chercher à savoir s’il se cachait quelque chose derrière. Comment pourraient-ils s’en douter, de toute façon ? Narcisse ne le montrait pas. Il ne montrait que ce qu’il voulait.

« Un simple politicien. », Répondit Narcisse en reprenant ses mots avec amusement.

Une certaine partie de lui n’avait pas envie d’approfondir la réponse. Parce qu’il ne voulait pas parler de lui mais plutôt du meurtrier. Parce qu’il jugeait dangereux de trop s’exposer face à un homme pareil. Et parce qu’au fond, peut-être que lui-même ne savait pas qui il était réellement. Qui c’est, Narcisse ? Il le savait plus ou moins sans vraiment se l’avouer. Sans vouloir se l’avouer. Car Narcisse était tout sauf ce qu’il prétendait être. Il était comme ce meurtrier, un menteur habile. Un hypocrite. Une illusion. Narcisse était une image. C’était ce qu’il voulait être, ce qu’il s’était promis d’être et de demeurer jusqu’à la fin de ses jours. Celui que l’on aimerait, que l’on apprécierait, celui à qui on ferait confiance, celui à qui on ne reprocherait jamais d’être trop sombre, trop triste et trop sinistre. Narcisse était un mensonge. Oui. C’était exactement ça. Un mensonge. Il n’aurait pas cru que l’on puisse voir aussi clairement et rapidement dans son jeu, mais il réalisa que le meurtrier lui ressemblait étrangement. Peut-être que c’était ça, au fond, ce qu’il voyait dans son regard ? Un reflet de lui-même. Ce mensonge, ces bobards, ces boniments, cette hypocrisie… Ce faux. Tout ce faux. Ce contrefait, cette apparence fabriquée, feinte, simulée. C’était ce qu’il était. Rien de plus qu’un mirage.

« Je suis Narcisse. », Ajouta le dit-Narcisse en le regardant dans les yeux. C’était tout ce qu’il pouvait dire de lui. « Pourquoi est-ce je te parlerais de moi si tu ne me parles pas de toi ? »

Une réplique un peu facile mais il jugea qu’il était en droit de lui renvoyer la question. Il avait demandé le premier, après tout, et n’avait eu droit qu’à une réponse évasive et triviale, tout comme celle qu’il venait de donner. Cela dit, Narcisse avait donné son nom en plus de ça. Il espérait que le tueur lui rende la pareille. Il voulait mettre un nom sur ce visage aux allures innocentes, sur ces traits fins et délicats qui dissimulaient le monstre. Il se demandait bien quelle appellation se cachait derrière un personnage pareil. Narcisse se fit la réflexion que des parents l’avaient nommé, que cet homme avait été enfant, qu’il avait grandi et qu’il fut un temps où il n’avait pas encore de sang sur les mains. En y pensant, il se sentit étrange. Il se demanda quel genre de passé, quel genre d’événement pouvait réduire un homme à cela. Quel genre de choix pouvait mener à un présent de ce genre ? On ne devenait pas tueur comme ça. Certainement pas. Il fallait bien y être poussé, il fallait bien que ce choix soit déclenché par quelque chose. Narcisse se doutait du nombre de secrets que pouvait cacher cet homme. S’ils étaient similaires dans leur façon de paraître, c’était bien pour cacher des choses. Tout un océan de ténèbres. Un infini sombre. Inatteignable.

« Tu tues de sang-froid mais tu épargnes les innocents. Tu te laisses attendrir par la beauté d’un homme mais pas par la détresse de ta victime. » Il le toisa de la tête aux pieds en se redressant pour le rejoindre. « Je donnerai n’importe quoi pour savoir ce qui se cache là-dessous. »

Et en disant ‘là-dessous’, il ne parlait pas de ses vêtements mais bien de ce l’homme dissimulait tout au fond de lui. Dans son cœur. Dans son âme. De tout ce qu’il cachait à la face du monde. Tout le monde avait des secrets, à plus ou moins grande échelle, mais derrière ce tueur, Narcisse devinait un abîme de mystères. Narcisse tendit la main vers lui pour effleurer sa poitrine du bout des doigts, dessinant les contours de son torse, juste au-dessus de son cœur. Que pouvait bien dissimuler cet homme ? Un passif douloureux ? Des blessures profondes ? Une affection malsaine pour la mort ? Un dangereux amour du danger ? C’était frustrant de ne rien savoir. De deviner l’infini sans pouvoir le connaître. D’effleurer cette énigme du bout des doigts sans en avoir la clé. Il voulait savoir. Connaître. Comprendre. Dénouer les secrets de ce type qui lui ressemblait trop. Il se disait que peut-être, en le découvrant, il se découvrirait lui-même.

« Dis-moi. »
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Icare Dalhia is offline
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Mer 30 Nov 2016 02:36


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Le bellâtre possédait un charme et une délicatesse manipulatrice redoutables, tu ne pouvais le nier. Manipulant tout comme lui à la perfection la beauté des apparences, tu ne succomberais pas à son illusion, aussi délicieuse pouvait-elle être. Tu le savais pertinemment. Il le savait également. Pourtant son écrin de chair s'évertuait à accompagner le tien au sein de cette chambre. Il n'était pas normal, à rester aux côtés d'un meurtrier. Et même si tu lui avais affirmé le fait que tu ne tuerais pas des innocents, qu'est-ce qui pouvait bien prouver la vérité de tes paroles ? Pourquoi son corps se détendit-il ? Il semblait te faire confiance ou plutôt était persuadé que tu ne porterais pas le tranchant de ta lame éclatante au niveau de sa jugulaire. Peut-être se complaisait-il dans cette situation en s'identifiant à ta propre personne. Votre rationalité est similaire après tout. S'embellir de mille visages pour pouvoir se fondre dans cette société ne tournant qu'autour des apparences et ainsi tisser à votre guise les réactions d'autrui. Tu n'aurais jamais pensé avoir un jour affaire à un autre excellent stratège. Tout n'était que planification strictement millimétrée des mouvements en passant par la parole alliée au semblant. Sa réponse à ta question te fit esquisser un sourire légèrement diabolique. Ah ... Tu avais l'impression d'être en face d'un miroir de l'âme, la tienne. Il se plaisait à te renvoyer ton propre reflet à la figure. Cet amas d'illusions à la splendeur éphémère. Ces agréables identités multiples fissurées violemment par la torpeur de la réalité car au fond, tu ne serais jamais ce divin danseur du ventre. Tu ne serais jamais cet adroit croupier. Tu ne serais jamais cet ingénieux barman. Tu ne serais jamais ce fier avocat. Tu n'étais qu'un meurtrier marginalisé par les standards de la société actuelle. Tu te plaisais pourtant, à croire à l'existence ancrée en toi de ces mille visages. Un carrousel de contrefaçons dissimulant cette impuissance qui te collait toujours autant à la peau depuis ce jour. La vérité certes te faisait transparaître comme à monstre à l'extérieur mais profondément rongé, détruit par sa propre affliction à l'intérieur. Le bellâtre te révéla son appellation. Ainsi donc vous vous ressembliez jusqu'à l'origine même de votre patronyme à l'effluve de cette Grèce antique.

Icare ♆ Je suis Icare. Crois-tu qu'un meurtrier prendrait le temps de se révéler à une personne encore fraîchement rencontrée ?

Bien sûr que non. Pourquoi prendrais-tu la peine d'alourdir le danger pesant constamment sur ton existence elle-même ? Pourtant, tu ne pouvais guère détourner les prunelles de regard certes glacé mais d'une intensité irrésistible. Il semblait vouloir fouiller dans cette âme volée en éclats qu'était la tienne. Son intérêt à ton égard grandissait de minute en minute. Impossible que ce désir ne lui apporterait rien en échange. Chercher à te comprendre revenait à se comprendre lui-même puisque vous étiez si semblables, n'est-ce pas ? Tu te laisses attendrir par la beauté d’un homme mais pas par la détresse de ta victime ... La détresse hein ? Savait-il au moins ce qu'était la véritable détresse ? La lueur de tes prunelles se fana cruellement. Cette expression glaciale revint violemment trôner sur la douceur des traits de ton visage.

Icare ♆ Qui a été présent pour moi lorsque la détresse se plut à écorcher à vif mon esprit puis mon existence ? Dis-moi, as-tu déjà goûté à la véritable détresse ? Celle si cruelle à t'en faire perdre la raison quitte à sombrer dans la déchéance ...

Tu y avais goûté à cette détresse massacrante. Elle te transperça avidement en ce jour si ténébreux, se plaisant à te faire sombrer dans l'obscurité de cette nouvelle vie. Tu n'eus pourtant pas toujours été cet être névrosé et meurtrier. Tu avais été un jour un nouveau né, un enfant, un adolescent et puis ce jeune adulte qui aurait pu devenir un grand homme. Mais ton destin en décida autrement. Le commanditaire de cette torture en décida autrement. Qu'il devait certainement se délecter de ces deux corps charcutés comme de la vulgaire viande de boucher, une fois son horreur accomplie ... Tu n'étais toujours pas parvenu à déceler son identité depuis tout ce temps alors qu'il était encore en vie et eux non. Lui qui jouissait du plaisir de l'existence alors que tes géniteurs avaient affronté la venue de leur dernier soupir au creux de l'agonie ...

Le nouveau contact des doigts du bellâtre te fit frémir une énième fois. Tu t'interdisais de succomber à la terreur de sa divine attraction et pourtant, tu fermas les yeux et émis un soupir profond et érotique. Il te faisait languir. Il le savait qu'il avait du pouvoir sur toi tout comme tu savais que tu en exerçais également sur lui. Une attraction mutuelle où le plus adroit de vous deux conquérirait l'autre. Tu te levas et ta paume droite vint délicatement se lover sur la joue de Narcisse pour y glisser voluptueusement avant que ton visage ne se rapprocha du sien pour un baiser profond, langoureux et cruellement délicat. La fin de ce dernier fut marquée par un doux détachement de vos lèvres suivi du frôlement des tiennes contre les siennes, tes prunelles ancrées dans les siennes. Ta main continua son chemin, parcourant avec légèreté la longitude de son torse avant de s'enfouir au sein de sa jolie frange. Elle s'y accoutuma, la ramenant un peu plus le côté avant de se bloquer pour demeurer entremêlée entre ses douces et soyeuses mèches neigeuses.

Icare ♆ Les mots possèdent eux aussi leur force, peut-être bien plus d'impact que les actions. Ne me dis pas que tu serais prêt à tout pour découvrir qui je suis. Je serai tenté de te demander l'impossible pour te voir déchanter. Pourquoi vouloir tant me comprendre ? Je ne suis pas toi et tu n'es pas non plus moi. Chercher à me découvrir ne te fera pas découvrir qui tu es réellement. C'est au fond de ta propre âme que tu dois chercher et faire face à l'amertume et à la cruauté de la réalité. Mais ça tu le sais certainement déjà. T'es-tu autant perdu au coeur de ces mille visages que tu te plais à revêtir ? La perfection n'existe pas et ta noirceur aussi horrible et terrifiante peut elle être est ta plus grande force.

Ta paume termina de parcourir le restant de sa frange avant d'atteindre son autre joue. Le bellâtre eut le droit à un autre baiser, beaucoup plus long et torride cette fois-ci. Toi aussi tu voulais savoir qui était réellement Narcisse et comprendre jusqu'à la moelle la complexité de son esprit. Que pouvait-il bien penser, cet homme à l'intelligence déconcertante ? Que lui était-il arrivé pour autant désirer atteindre la perfection et ainsi être adulé de tous ? Tu enchaînas voluptueusement et délicatement tes baisers sur ses lèvres tandis que quelques halètements de ta part s'échappèrent entre eux. La chaleur de ton corps se raviva et tes bras enroulèrent doucement son tronc musclé pour pouvoir presser ton torse fin contre le sien. Que Narcisse soit blanc ou noir intérieurement ne changerait rien. Il serait toujours aussi irrésistible.

Icare ♆ Je suis un homme qui a été déchiré par son impuissance et son affliction il y a des années de cela. Qu'en est-il de toi, Narcisse ? Fais-moi découvrir ton vrai visage. Permets-moi de le comprendre et de l'accepter.

♆ Liia/Origami
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Narcisse Delaunay is offline
Politicien véreux // 149 messages
Jeu 1 Déc 2016 00:45

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Feat Icare Dalhia & Narcisse Delaunay

Icare. Icare aux ailes d’anges. Icare aux ailes brûlées. Icare aux rêves brisés. Celui qui s’était brûlé les plumes à trop s’approcher du soleil. L’impudent et le narcissique. Une bien jolie paire. Narcisse manqua d’en sourire. Cette conversation était décidément invraisemblable. A se renvoyer la balle dans un drôle de jeu de réplique. A se demander qui des deux se révèlera. A esquiver puis répliquer. L’homme qui ne voulait pas se dévoiler face au tueur. Le tueur qui refusait d’en dire trop à l’homme. Chacun avec sa raison, bonne ou moins bonne, de rester prudent, distant, discret et de taire ainsi le secret de leurs âmes esseulées. Ils savaient toutefois qu’ils se ressemblaient. Ils le voyaient chacun dans le regard de l’autre, dans ses attitudes, ses mots et ses gestes. Ils le devinaient puisqu’ils étaient pareils. Narcisse se voyait renvoyer pour la première fois une image différente que celle qu’il s’appliquait à laisser paraître. C’était perturbant, nouveau et un brin agaçant. Des années de mensonge et d’entraînement n’avaient pas suffi à tromper tout le monde ; c’était pourtant l’objectif de Narcisse. Bercer son monde d’illusions. Hommes, femmes, humains, hybrides. Il ne voulait laisser personne échapper à ses bobards. Pas même les tueurs. Narcisse se faisait impitoyablement renvoyer son échec en pleine face. Même l’image d’un homme égorgé ne suffisait à le détourner de cette pensée. Des litres ne sang n’auraient pu noyer sa conviction sourde et puissante qu’il avait échoué, qu’il avait failli à sa tâche et qu’il avait laissé un étranger pénétrer le territoire pourtant tellement bien gardé de son être véritable dissimulé sous des couches de faux-semblants.

La confession, en tout cas, donnait à cet Icare l’âme d’un poète et Narcisse s’empêcha de sourire bien que l’envie le prît soudainement. C’était tout de même cocasse de se laisser aller à quelques paroles si lyriques dans un instant pareil. Après tout, il venait de tuer quelqu’un et de lui avouer sa véritable nature, était-ce bien le moment de se faire brusquement acteur de tragédie ? Ne manquaient plus que les spectateurs et la scène pour faire de ce moment un véritable acte théâtral. Pourtant, Icare était touchant de sincérité, ce qui troubla un instant Narcisse. Bien sûr, la sincérité, il connaissait, mais venant de cet homme qui lui ressemblait tant dans sa manière d’être, c’était perturbant. Sa douleur, il pouvait presque la ressentir. Ses mots sonnaient comme un aveu. Comme un témoignage de sa propre détresse et le politicien songea que peut-être, la raison de son métier se trouvait là, dans cet enchevêtrement de souvenirs sombres et douloureux, dans cette mer de détresse qui un jour l’avait assailli. Il se demanda bien ce qui avait pu causer ça. Une attaque ? Un accident ? Une tragédie ? Il se plut à tenter de l’imaginer et se dit que le tueur constituait décidément une figure bien romantique. Sombre, torturé, mystérieux… Un véritable héros de film. C’était là une de leurs rares différences. Narcisse, lui, n’était pas un héros romantique construit dans la peine et la douleur.

« Non. » Narcisse secoua la tête. « Je ne l’ai pas connue. »

Sa détresse était secrète. Enfouie et oubliée. Enfermée dans une petite boîte qu’il s’était promis de ne jamais ouvrir. Narcisse refusait de se souvenir. Il refusait d’y penser, d’évoquer l’idée-même d’un souvenir de cette époque. Son adolescence resterait un tombeau où reposaient les derniers morceaux de son véritable lui. Il emporterait le secret dans sa tombe. Il se l’était juré. Il repoussa au loin ces pensées avant qu’elles n’envahissent trop son esprit, frémissant sous les doigts du tueur qui caressa sa joue. Le doux contact de ses lèvres contre les siennes le fit frissonner. Il se demanda bien à quoi pouvait penser Icare. Un homme capable d’égorger un autre homme sans la moindre hésitation pouvait-il vraiment embrasser avec une langueur si délicate et sensuelle ? Comment une âme si sombre pouvait se montrer si douce ? Des ténèbres dans un écrin vaporeux. Voilà ce qu’Icare était. Mais Narcisse avait beau se plonger dans son regard, il ne voyait pas au-delà. Il n’arrivait pas à déchiffrer la profondeur de son regard azuré. Il était incapable de comprendre la complexité de ce cœur blessé.

« Je ne te parle pas de moi. Je te parle de toi. » Répliqua le politicien en se mordillant la lèvre.

Il ne voulait pas qu’on lui parle de lui, qu’on lui mette sous le nez ce désir caché de se découvrir, lui qui s’était perdu dans sa quête d’une image que tout le monde aimerait. Il ne voulait pas qu’on tente de le guider. Pour l’instant, il voulait juste découvrir les secrets de ce tueur. Comprendre l’homme derrière les gestes. Déceler l’âme derrière la noirceur. Après, seulement après, peut-être, il en profiterait pour se découvrir lui-même… Mais pas avant d’en savoir plus. Se connaître soi-même était plus effrayant que de tenter de découvrir un tueur. Un tueur fou, peut-être, en plus… Et si Icare était fou, alors il l’était tout autant car il répondit au moindre de ses baisers sans se poser de questions. Par réflexe ? Par envie ? Par instinct ? Un peu de tout, peut-être. Toujours est-il qu’il l’embrassa, ses longs doigts glissant sur les flancs pâles d’Icare, enlaçant délicatement son corps finement musclé. Bon sang. Il perdait la tête. Embrasser un meurtrier. L’enlacer après l’avoir vu égorger un homme… Décidément, il n’était plus lui-même. Personne de sensé n’aurait fait ça. Personne de sensé ne serait resté. Personne de sensé ne l’aurait suivi. Mais Narcisse, lui, était toujours là, lèvres contre lèvres, corps contre corps, à soupirer doucement contre sa bouche, un doux frisson s’attardant sur son échine.

« Tu en as, du culot, pour me réclamer ça, dis donc… Tu tiens à ce que je reprenne à nouveau tes mots ? ‘Crois-tu qu'un homme prendrait le temps de se révéler à un meurtrier encore fraîchement rencontré’ ? A un meurtrier tout, court, d’ailleurs, si l’on veut être sensé ! »

Sensé… On pouvait affirmer sans se tromper qu’il ne l’était plus vraiment. Après une soirée si agitée et si riche en émotions, c’était probablement normal qu’il perde un peu ses repères… Tout du moins, il voulait s’en convaincre, se dire que ce n’était pas de sa faute, qu’il s’était égaré, qu’il n’y était pour rien. Ça ne ressemblait pas à Narcisse, de fricoter avec un criminel qui avait les mains presque encore chaudes du sang de sa dernière victime. Ça ne ressemblait à personne, ça. Narcisse inclina légèrement la tête sur le côté et émit un doux rire, entre l’amusement et l’exaspération. C’était une situation aussi étrange que désespérée. Aussi unique que dangereuse. Aussi invraisemblable qu’excitante. Il n’avait pas de mots pour l’expliquer. Pas de logique pour la justifier. Ce soir-là, cet instant-là, Narcisse n’avait plus que son instinct pour agir.

« Tu veux connaître mon vrai visage, hein ? Et l’accepter ? Tu as de bien belles paroles pour un tueur. » Il prit délicatement le visage d’Icare entre ses mains, ses paumes fermement posées contre chacune de ses joues. « On ne se connaît pas, tu sais. »

Ils ne se connaissaient pas et pourtant ils pouvaient déjà dire tellement l’un de l’autre. Comme deux âmes qui se trouvaient et se reconnaissaient. Quelque chose disait pourtant à Narcisse que rien ne serait différent avec lui. Ils coucheraient ensemble et ne se reverraient sûrement pas. Ils resteraient chacun un souvenir pour l’autre. Ils retrouveraient leur vie, leurs mensonges et leurs masques. Ils avaient fui une scène de meurtre. Ce serait complètement fou et imprudent de se revoir. Se revoir pour quoi, d’ailleurs ? Continuer de se conter des poésies tragiques dans une chambre d’hôtel ? Tenter encore de se découvrir et de se fuir en même temps ?

« Si tu veux me connaître, tu devras le mériter. En quinze ans, je n’ai jamais laissé personne me découvrir. Je n’ai pas pour habitude de laisser un étranger piétiner mon intimité, qui plus est, un tueur. », Se vanta-t-il dans un mince sourire. « A toi de me dire si cette rencontre n’est qu’un instant fugace dans ces vies qui sont les nôtres. Si ce n’est qu’un souvenir périssable dans nos existences. Ou alors si c’est le début de quelque chose. Le commencement d’une découverte. »

Se révéler, ça lui coûterait quelque chose. Ce n’était pas rien. Surtout pour Narcisse. Narcisse le menteur, l’enjôleur. Narcisse l’image de l’homme parfait. On ne disait pas adieu à des années de mensonge en une seule nuit. Même Narcisse pouvait avoir besoin de temps. Pourtant, ce n’était pas un non. Ce n’était pas un refus. Icare l’avait intrigué. Presque séduit. Par son corps, ses regards, cette âme en peine qu’il avait presque laissée voir. Narcisse voulait croire qu’ils se ressemblaient vraiment. Après une vie à prétendre, il avait peut-être envie de se dévoiler un peu, en fait. De se délester de quelques secrets, parce qu’ils étaient lourds à porter, en fait. Mais pour se confier, il avait besoin de confiance. Et la confiance, Narcisse ne l’accordait pas à n’importe qui, jolie gueule ou non.

« Je ne te parle pas d’une relation. Ce n’est pas trop mon truc, à vrai dire. », Le rassura-t-il en haussant les épaules. « Je t’ai juste dit tout à l’heure que j’étais prêt à donner pour savoir. Alors toi… T’es prêt à donner aussi ? Un peu de toi et… Un peu de moi. Si on se donne ensemble, je me dévoilerai. Un peu au début. Pour le reste, on verra. On ne va pas commencer à se faire des promesses. Je suis un politicien et tu es un meurtrier. Ce serait ridicule. »
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Icare Dalhia is offline
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Lun 12 Déc 2016 20:02


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Les paroles du bellâtre n'atteignirent plus ton esprit. Meurtrier ... Seul ce mot semblait prendre plaisir à résonner au creux de tes tympans et à déchirer davantage ton coeur qu'il ne l'était déjà. [...] Cette pièce équipée d'une batterie de pièges était devenu l'unique endroit où tu faisais vriller tes coups jusqu'à t'en saigner les poings. Détruit, tu te devais de devenir plus fort. La vengeance avait brouillé ton esprit et s'était évertuée à te pousser à te laisser aller à de sombres desseins. Les tuer ... Éliminer toute cette vermine pullulant dans les bas-fonds de cette ville au visage corrompu par le vice et l'argent. Et puis le retrouver, le torturer et le tuer lentement ... Le visage illuminé d'un sourire de tes parents t'était apparu lors de l'achèvement de chacun de tes meurtres tandis que ton expression faciale demeurait glacée par ta propre haine, souillée de quelques taches de carmin. Un carmin qui n'était pas tien. Le carmin des ordures que tu répandrais au creux des rues de cette ville livrée à la déchéance.

Mais cette fois-ci, ta vision bercée d'une utopie illusoire s'effrita en un violent cauchemar. Tu revis les corps dépecés et pendus de tes parents te faire face, remplaçant le beau et doux visage de Narcisse. Les traits de ton faciès se figèrent d'effroi et ton écrin de chair entama de faiblards tremblements qui le parcoururent dans son ensemble. Tes paumes frissonnantes se tendirent et tes prunelles se baissèrent lourdement sur elles. Tu tressautas alors, tremblant de plus bel. Du sang ... Elles en étaient recouvertes. Tu étais tout aussi horrible que le meurtrier de tes parents. Un monstre qui n'était plus différent de lui. Des larmes perlèrent le long de tes joues, profondément affligé par la cruauté de ton destin. Pourquoi fallait-il que tu deviennes également un meurtrier ? Un être qui serait craint des innocents ? Narcisse n'était plus à tes prunelles baignées de larmes. Il n'y avait que tes parents. Tes paumes souillées agrippèrent violemment ta soyeuse chevelure et tu t'affaissas pour pouvoir davantage fondre en larmes, torturé encore et encore par ce cauchemar qui te hanterait toute ta vie. Elles s'y raccrochèrent si brutalement que quelques fines mèches de cheveux furent arrachées et tombèrent doucement sur le lit. Un petit couinement fut étouffé au coeur de ta gorge alors que l'émail de tes dents s'était violemment emparé de ta lèvre inférieure, la mordant jusqu'au sang. Un hurlement de douleur pourfendit finalement le calme régnant au sein de la chambre d'hôtel.

Icare ♆ Maman ... Papa ... Pardonnez-moi de ne pas avoir pu vous protéger ce jour-là ... Pardonnez-moi ... Je ne deviendrai jamais celui que vous avez espéré que je devienne ... Avouas-tu avec une voix transpercée de sanglots et de souffrance.

L'amertume de la douleur ... Depuis combien de temps était-elle l'unique saveur que tu avais en bouche suite à ce drame si fulgurant ? Tu aurais préféré partir toi aussi, être massacré avec eux pour ne pas avoir à souffrir autant. Au moins, tu n'aurais pas à faire couler le sang afin de t'apporter une satisfaction illusoire. Tu n'aurais pas à prendre des vies. Tu n'aurais pas à être traité de meurtrier. Meurtrier ... Meurtrier ... Meurtrier ... Meurtrier ... J'ai peur ... J'ai peur ... Maman ... Papa ... Meurtrier ... Meurtrier ... Ne cessait de répéter en boucle la petite voix que tu avais lorsque tu n'étais encore qu'un enfant innocent.

Icare ♆ ASSEZ ! Pitié ... Hurlas-tu de nouveau d'affliction.

Tu te relevas finalement lentement. Ta tête demeura baissée quelques secondes avant que tu ne la relevas à son tour. Tes prunelles rougies de larmes se posèrent de nouveau sur les deux corps. Tes bras enlacèrent alors tendrement Narcisse, pensant enserrer ces deux écrins de chair complètement décharnés. Tu ne tardas pas à le serrer de toutes tes forces en fermant les yeux. Les spasmes ayant envahi ton corps quelques minutes plus tôt rendirent l'âme bien rapidement et ton regard fut animé d'une lueur crépitante de vengeance et de haine.

Icare ♆ Je vous vengerai au prix de ma vie.

♆ Liia/Origami


HRP: C'est très court pardon mais je veux faire évoluer Icare ^^
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Narcisse Delaunay is offline
Politicien véreux // 149 messages
Ven 23 Déc 2016 01:56

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the urge to get him

Feat Icare Dalhia & Narcisse Delaunay

Narcisse aimait peu de choses dans la vie, sinon l’ordre et le contrôle. Il aimait l’argent et les belles choses. Il aimait les apparences. Il cultivait cet amour depuis bien longtemps, trop longtemps pour s’en défaire si facilement. Embourbé dans son propre mensonge, il avait fini par s’aveugler lui-même de ses apparats et ses faux-semblants. Narcisse était une illusion. Une illusion autour de laquelle gravitaient les gens comme des centaines de satellites autour d’un astre inatteignable. Narcisse ne se dévoilait pas. Il restait caché sous la couche de bobard, noyé sous les sourires factices et les attitudes feintes. Voilà ce qu’était Narcisse. Une vie artificielle, inventée. Un simulacre de personnage. Narcisse n’était pas grand-chose de plus que quelques boniments assemblés, savamment récités, joués par un acteur talentueux. Il y avait probablement tant à découvrir derrière le faux, derrière le mirage, mais Narcisse lui-même ignorait l’étendue de cette vérité. Ce qu’il aimait. Ce qu’il n’aimait pas. Ce qu’il était. Comment confier ça à un inconnu, lui qui ne savait même pas qui il était vraiment ? C’était complètement dingue. Il n’avait rien à faire ici, à promettre des réponses à un tueur, à un homme qu’il venait de rencontrer, à un autre menteur, comme lui. Il n’avait absolument rien à faire ici.

Il arqua un sourcil en voyant les larmes couler sur le visage de son interlocuteur. Intrigué et étonné, il se demanda bien ce qui avait pu causer ça, car il ne se souvint pas avoir eu des mots malheureux à l’instant. Un pas en arrière ponctua le hurlement du meurtrier et Narcisse frémit, un frisson d’horreur s’attardant sur son échine. Maladroitement, il leva les mains pour tenter de l’apaiser, grandement décontenancé par l’hystérie soudaine et inexpliquée de l’homme. « Ne… Ne crie pas… Qu’est-ce qu’il y a ?! », S’interrogea-t-il légitimement, mais faisant face à un mur. Le tueur semblait prostré dans une sorte d’état second qui l’inquiéta : devait-il s’en faire pour sa vie ? Jusqu’ici, l’homme avait semblé parfaitement équilibré mais ce brusque revirement n’annonçait rien de bon… Un meurtre passionnel, absurde, guidé par la folie était si vite arrivé… Bien que Narcisse fusse de taille à répliquer, il n’avait certainement pas l’habileté et la connaissance du combat que l’autre avait. Il passerait l’arme à gauche avant même de pouvoir répliquer, c’était certain. Narcisse déglutit. Il était comme ça. A s’inquiéter pour lui avant de s’inquiéter des autres. Même la crise de folie de cet homme visiblement en peine ne semblait pas l’émouvoir assez pour qu’il s’enquière de son état.

Le politicien s’étrangla quand l’autre l’enlaça brutalement, trop vite pour lui laisser le temps de s’enfuir. Surpris par le geste, Narcisse se laissa faire, stoïque et les yeux écarquillés, retenant son souffle en battant des cils. Il ne tarda pas à se sentir étouffer quand le meurtrier resserra son étreinte – il se demanda même un instant s’il n’était pas en train d’essayer de le tuer. Il n’osait plus faire le moindre geste. C’était bizarre, étrange, c’était dingue, fou. Narcisse avait l’habitude des embrassades mais lorsqu’il enlaçait quelqu’un, c’était toujours prévu et calculé. Il ne se laissait que très rarement surprendre, et certainement pas de cette manière. La situation était… Cocasse. Unique. Franchement pas ordinaire. Comment croire à un tel déroulement des événements ? Ce qui devait être une agréable soirée s’était rapidement transformé en plan à trois indésiré avant de devenir un triste bain de sang pour finalement se changer en séance de confessions intime… Suivie d’une crise d’hystérie et d’une violente étreinte. Pour un maniaque du contrôle, c’était loin d’être la soirée idéale. Il commençait à en avoir la nausée, d’affronter tous ces chamboulements… Ce n’était pas pour lui. Lui, il contrôlait. Il calculait. Il prévoyait. Il était complètement impuissant, là, et il détestait ça.

« Hey, hm… Tu… Icare. » Il ignorait quel ton employer pour le ramener à la raison et il lui sembla que sa voix prit inconsciemment une intonation incertaine. « Tu peux me lâcher… Okay ? Reviens sur terre. Tu es à l’hôtel. Nous sommes seuls. »

Il s’efforçait de lui parler aussi calmement que possible. Il n’avait pas l’habitude de faire face à ce genre de crise et pour tout dire, le politicien ignorait comment s’y prendre. Il savait séduire les gens, pas les consoler… Pas les apaiser. C’était un tout autre monde, ça. Doucement mais fermement, Narcisse posa les mains sur ses épaules pour le repousser et s’arracher de son étreinte. Quels sombres secrets cachait ce regard plein de désespoir ? Quels souvenirs cruels avaient pu le secouer à ce point ? Narcisse ne pouvait qu’imaginer ces réponses sans vraiment le savoir. On ne devenait pas tueur n’importe comment, après tout… Il fallait bien y être poussé, non ? Un tragique événement, un sombre passé… Une cruelle vengeance. Papa. Maman. Les indices brodaient un motif incertain mais Narcisse se doutait bien de ce qu’ils pouvaient dissimuler. Une triste vie. Plus triste encore que la sienne, qui d’ailleurs, ne l’était pas tant. Il posa un autre regard sur Icare. Pas de pitié ou de compassion. Quelque chose de semblable, peut-être, mais qu’il ne pouvait expliquer. Il le voyait différemment, pour la première fois depuis l’égorgement de sang-froid auquel il avait assisté. Quelques sombres événements avaient mené à cet instant. Et cette lame froide s’enfonçant dans une gorge n’avait probablement pas été guidée par le plaisir de tuer ou l’indifférence de la mort. Au-delà des sombres enchevêtrements de son être, le tueur cachait alors quelque chose, plus profond. Une vie. Un passé. Des émotions. Il n’était pas vide et Narcisse songea alors que leur différence résidait peut-être là.

« Tu veux un verre d’eau ? »

Il aurait pu poser n’importe quelle autre question. ‘Qu’est-ce qui t’a pris’, ‘pourquoi’, ‘qu’est-ce qui s’est passé’… Mais à quoi bon ? Pourquoi expliquer la folie ? Y avait-il vraiment des raisons à trouver à cela ? Car la réponse, Narcisse la connaissait, au fond… Un homme ne pouvait supporter trop de douleur sans en devenir dingue. L’être finissait indéniablement par plier. Alors il l’avait vu plier. Valser sous le poids d’un passé de souffrance qu’il n’osait imaginer. A quoi bon l’interroger dessus ? Par compassion, peut-être, Narcisse lui épargna cet effort. Par indifférence, aussi, peut-être. Par peur, sinon ? Narcisse aimait l’argent, le contrôle et l’ordre. Il était doué dans ce qu’il aimait. Pas dans la consolation. Pas dans l’apitoiement. C’était trop délicat à feindre, il restait maladroit dans ce domaine. Il observa silencieusement le visage pâle d’Icare, curieux, l’air impénétrable, sondant ses prunelles azurées jusqu’à s’y noyer, jusqu’à ce perdre dans ce bleu profond dans lequel perçait la douleur, le désespoir et la détermination. Il en avait le souffle coupé, de ce regard qui montrait tant et si peu, de cette fissure qui s’était ouverte sous ses yeux, de tout ce qui s’échappait et le noyait sous un flot de questions, de confusion et d’émotion.

« Est-ce que ça va ? »

Pourquoi est-ce qu’il demandait ça ? Il fallait vite qu’il s’en aille, qu’il le laisse, qu’il rentre. Qu’il s’arrache à sa contemplation et qu’il regagne son appartement en oubliant toute cette soirée. Pourtant, ses longs doigts pâles effleurèrent sa joue pour l’inviter à garder son regard ancré au sien. Si lui aussi cachait tant de douleur, alors il préférait la garder enfouie au fond de lui et rester cet homme qu’il prétendait être. Vide.
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Pardon pour le retard et le post pas terrible ; v ;
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Humain

Icare Dalhia is offline
Invité // messages
Mer 1 Fév 2017 22:41


When you're feelin' the urge to get him






Ta raison s'était brisée en mille morceaux à cette vision d'horreur et tu chancelas terriblement à travers une myriade d'actions ne possédant plus aucun sens aux prunelles sans doute écarquillées de surprise du séduisant politicien. Son tronc fut spontanément et puissamment enserré de tes bras et tu pus ressentir cette raideur faire face à la soudaine tendresse de ton corps. Mais elle n'avait rien de celle cadavérique. Au contraire, elle dégageait malgré elle cette agréable chaleur qui te réconforta progressivement tandis qu'une délicieuse voix masculine qui ne t'était guère inconnue s'immisça avec élégance au creux de ton esprit complètement chamboulé. Les prunelles toujours closes, tu émergeas peu à peu grâce à cette douce familiarité jusqu'à ce qu'on t'extirpa brutalement de ce cauchemar. Repoussé sans la moindre once de méchanceté, tu ouvris les yeux et cette vision d'horreur qui se plaisait à te torturer durant des années s'évapora lentement pour laisser place au doux visage de Narcisse.

Icare ♆ Narcisse ? Murmuras-tu d'une voix brisée par ton affliction.

Quelques perles nacrées continuèrent à dévaler le long de tes joues tandis que ton corps s'effondra lentement et avec une involontaire grâce sur les draps immaculés du lit. Une boule de stress se plut à venir nouer, tordre tes boyaux tandis que ta paume droite fut asservie de la petitesse de quelques spasmes. Et tu te complus au coeur du silence si apaisant du politicien. Il semblait comprendre que la moindre question qui aurait franchit ses lèvres si désirables n'aurait jamais eu de réponse de ta part en cet instant beaucoup trop délicat. De l'empathie ? Peut-être ... Tu n'en savais rien après tout car Narcisse était aussi énigmatique que l'essence de ton existence. Mais la voix du bellâtre vint finalement faire frétiller tes tympans et tu te redressas péniblement pour alors t'enliser au sein de l'hypnotisme de son regard.

Icare ♆ Oui s'il te plait ... Répondis-tu machinalement par pur réflexe sans décrocher ta contemplation de la sienne.

Tu semblais te perdre davantage au sein de l'azuré de ses prunelles si étincelantes par rapport aux tiennes qui n'étaient que fadeur à présent. Ternies d'une souffrance que tu devrais emporter jusqu'à ta tombe, tes joues s'empourprèrent légèrement. La gêne d'être autant noirci par rapport à ton interlocuteur se plut à assaillir ton corps. Cet homme était encore lumineux contrairement à toi qui n'avait qu'un goût amère en bouche et la gorge désormais écorchée à vif à cause de ton cri de torpeur survenu tout à l'heure. Le timbre de Narcisse résonna une énième fois à travers la pièce et tes prunelles rougies de tristesse s'ancrèrent de nouveau dans les siennes malgré elles.

Icare ♆ Mieux car tu es à mes côtés ... Avouas-tu doucement.

Ses doigts propagèrent une éphémère chaleur en venant frôler avec légèreté l'une de tes joues. Leur rapprochement te fit fermer à demi les prunelles avec douceur. Un regard tendre que tu lui offris en entremêlant précautionneusement tes doigts entre les siens afin de prendre le dos de sa main au creux de ta paume et la poser sur ta peau tiède. Tes lèvres vinrent finalement réconforter le creux de cette main qui n'était pas tienne d'une petite avalanche de baisers délicats et affectueux avant que tu ne vins te rapprocher doucement du bellâtre pour pouvoir l'enlacer de nouveau sans aucune brusquerie à l'instar d'auparavant. Tes narines se plurent à s'enivrer de sa douce odeur puis le pulpeux de tes lèvres s'attela à réchauffer sa peau de baisers longs et langoureux jusqu'à ce que tu ne t'emparas des siennes pour pouvoir les sceller passionnément. Tes paumes glissèrent élégamment le long de son torse, faisant sauter chacun de ces boutons en travers de leur route. La chemise du politicien ne tarda pas à être ouverte et son torse musclé et dénudé fut entièrement contemplé après avoir rompu le baiser. Complètement charmé, tu fondis doucement dans sa direction et le couvrit d'une myriade de baisers et d'attentions tendres. Tu étais affamé de Narcisse mais aussi affamé de libérer ton esprit beaucoup trop en proie à la déchirure.

♆ Liia/Origami
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Narcisse Delaunay is offline
Politicien véreux // 149 messages
Dim 26 Fév 2017 02:55

When you're feelin'
the urge to get him

Feat Icare Dalhia & Narcisse Delaunay

Il ne semblait pas trouver d’explications, ni à ces mots, ni à ces gestes, ni à ces cris. Rien, seulement le néant, un abîme d’ignorance qui le plongeait dans une confusion sans nom. Conscient pourtant de se trouver dans une pièce avec un déséquilibré mental, Narcisse ne sut rien faire d’autre que rester là, stoïque, troublé, observant avec des yeux ronds cet homme qui s’écroulait devant lui. Son premier réflexe fut de lui venir en aide, de lui offrir un verre d’eau, un geste attentionné et d’une simplicité désarmante, totalement à la hauteur de ses capacités, lui, Narcisse l’indifférent. Il se sentit l’âme d’un scientifique en observant Icare, scrutant ses réactions, écoutant ses respirations, se demandant si le tueur n’allait pas passer à l’acte en l’achevant ici-même, dans cette pièce. Peut-être en brisant le verre et en l’égorgeant avec un éclat ? Peut-être en l’étranglant ? Le regard de Narcisse se posa un court instant sur la poignée de la porte et il le reposa rapidement sur Icare, à l’affût, presque méfiant.

« Euh ? Tant mieux. »

Narcisse n’osa pas lui rappeler qu’ils ne se connaissaient que depuis quelques heures, et que surtout, leur rencontre s’était faite dans de bien étranges circonstances. Il n’oubliait pas le meurtre auquel il avait assisté. L’image lui donnait encore des sueurs froides et la nausée lui tordit doucement l’estomac. Il n’avait rien à vomir, sinon un peu d’alcool ingurgité pendant son court passage au club. De toute façon, il faisait bien mieux de contenir son haut-le-cœur puisque Icare était si proche de lui. Incertain de ses réactions et ne souhaitant pas une nouvelle crise d’hystérie, le blond choisit de rester sage et immobile et de se laisser faire, se prêtant aux caresses éthérées du tueur. L’ambiance lui semblait bien malvenue pour ce genre de conclusions. Par crainte de représailles, pourtant, il n’émit pas la moindre protestation et frémit doucement sous les lèvres du bellâtre.

C’était étrange. Il était bien rare que Narcisse n’ait pas envie de faire l’amour, et pourtant, la pensée lui vint soudainement à l’instant. Il n’avait pas envie de faire l’amour. Pas comme ça, pas ici. Et probablement pas avec cet homme, cette source de mystère, ce tueur, cette énigme, ce miroir dans lequel il croyait parfois s’apercevoir. Les choses allaient beaucoup trop vite. De nouveau, son corps contre le sien, ses lèvres pressées contre sa gorge puis contre les siennes, ses doigts s’invitant sous ses vêtements… Le cœur de Narcisse fit un bond et entre une once d’excitation et d’anticipation, il reconnut un peu de peur. Il avait beau ne pas connaître ce type, il savait de quoi il était capable et cela suffisait à réveiller son instinct de survie. Le danger était excitant à petite dose. Si sa vie était menacée, plus rien n’était pareil. Et avec ce genre d’état d’esprit, non, il ne parvenait pas à raviver la flamme du désir qui l’avait habité un peu plus tôt.

Doucement mais fermement, ses mains se posèrent sur les épaules de son vis-à-vis pour l’arrêter. Il le repoussa gentiment. C’est peut-être la fin, lui souffla une voix dans sa tête et il eut peur d’avoir raison. Il n’avait pas imaginé sa fin, il ne se voyait pas encore mourir. Il était trop jeune. Il avait trop de mensonges à disperser encore, de faux sourires à distribuer. Trop de pots-de-vin à accepter. Trop. Et puis, avant de mourir, peut-être qu’il avait envie de changer un peu, peut-être qu’il avait envie de retrouver ce Narcisse du passé, qu’il avait enterré et refoulé ? Peut-être qu’il avait envie de se racheter ? Ou peut-être, au contraire, préférait-il se damner jusqu’au bout, se corrompre jusqu’à la moelle ? La vie lui réservait encore bien des surprises. Elle lui offrait encore de nombreux choix. Il voulait les faire avant la fin.

« Attends. Désolé mais je ne peux pas. Vraiment pas. Pardon. », Marmonna-t-il, la mâchoire un peu crispée. « Qu’est-ce qui vient de t’arriver ? Pourquoi tu as fait ça ? Et pourquoi tu fais ça maintenant ? »

Il comprenait que le sexe puisse être un exutoire, mais dans ces conditions, ce n’était pas possible, il ne s’en sentait pas capable. Il faisait peut-être la fine bouche, il avait peut-être l’air d’une jeune femme effrayée, mais il s’en fichait, il n’était pas d’humeur – et il ne se forçait jamais quand il n’était pas d’humeur. Il s’efforçait pourtant d’avoir l’air ferme et tendre, gentil, prudent, pour ne pas froisser son partenaire. Il craignait le retour de bâton, pour être honnête. Il se demandait bien ce qui pourrait lui tomber sur le coin du visage s’il le contrariait. Il aurait peut-être mieux fait de partir.

« Je… Je pense que j’ai besoin d’un verre, peut-être même de plusieurs, de musique, d’un bain et d’un bon massage avant de me sentir un peu plus dans l’ambiance pour ce genre de rapprochement. Il faut dire que les pré-préliminaires ont été quelque peu… Originales ? Et déstabilisantes. »
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