Narcisse Delaunay, Citoyen

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Narcisse Delaunay is offline
Politicien véreux // 158 messages
Dim 23 Sep 2018 21:57

Narcisse Delaunay

  • Nanar, Narcisse la Saucisse
  • 33 ans
  • 31 décembre
  • Français
  • Politicien
  • Humain
  • Bisexuel
  • Viktor Nikiforov - Yuri!!! on ice

Anecdotes

001. Les enfants l’intimident. Ils sont trop francs et trop directs. × 002. Fou des chiffres pairs ; il aime quand les choses sont divisibles par deux. × 003. A perdu sa virginité au collège. × 004. A en horreur les bruits de bouche : les gens qui toussent, mangent, boivent, etc. × 005. Gaucher. Il a sali des dizaines de cahiers en écrivant au stylo plume, à l’école. × 006. Regarde parfois des télé-réalités en rentrant d’une longue journée de travail. × 007. Ne résiste pas aux animaux mignons, particulièrement aux chatons. × 008. Possède un poisson combattant nommé Alceste. × 009. A appris le piano quand il était jeune. Il s’en est souvent servi pour séduire les filles. × 010. Préfère le salé au sucré. × 011. Porte exclusivement des vêtements de marque. De la cravate aux chaussettes. × 012. Mauvais cuisinier et accro aux plats du traiteur. × 013. Virtuose du smartphone, il les connaît tous et est toujours au courant de la dernière pépite numérique. × 014. Trouve le café amer et dégueulasse mais en boit quand même, pour faire genre. × 015. Jure en français quand il perd son calme. × 016. Amateur de la propreté, a instauré la journée-ménage tous les dimanches. × 017. Fait semblant de téléphoner quand il croise des bénévoles d’associations dans la rue. × 018. Étonnamment sportif. Fait un jogging tous les matins. × 019. Se détend instantanément quand on lui caresse les cheveux.

Caractère

Narcisse est un génie du beau parler. Il séduit ses interlocuteurs avec habileté et charisme, embobinant par des mots savamment choisis. Un talent utile pour dissimuler son véritable visage. Narcisse est un hypocrite, un menteur, un manipulateur. Un type sans vergogne, qui sert ses propres intérêts, quitte à cracher sur le dos des gens. Oh non, Narcisse n’a pas honte. Sans morale, notre homme se laisse séduire par l’argent et les promesses. Corrompu par de vils voyous de la pègre, il traite affaire en secret avec des hommes peu recommandables. Ses décisions politiques sont guidées par les pots-de-vin et son talent de comédien achève de maintenir l’illusion du brillant homme diplomate qu’il aime à laisser paraître.

Narcisse aime l’argent et les choses, il aime dépenser, faire flamber la carte bleue, il aime le luxe et la délicatesse, il aime impressionner. Matérialiste, il trouve beaucoup de plaisir dans les achats compulsifs qu’il effectue presque toutes les semaines. Toujours un costume de marque et une montre somptueuse. Toujours le dernier smartphone. Toujours de belles chaussures vernies. Superficiel, le politicien apprécie son niveau de vie aisé que beaucoup lui envient. Rien de plus flatteur pour lui que des gens qui se retournent sur lui dans la rue. Le port altier et la tête haute, il s’assure de rester élégant en toutes circonstances. Paraître, éblouir, exister. Sans aucun doute, le besoin profond de Narcisse d’exister à travers ses possessions et son apparence cache une solitude intense. Une solitude qu’il se cache, qu’il ne s’avoue pas. Narcisse est comme ça. Fier. Digne. Montrer ses faiblesses n’est pas dans ses habitudes.

À l’aise avec les gens, il n’a pas peur d’aller vers les autres. Loin d’être timide, Narcisse entame volontiers la conversation, même si c’est pour échanger autour du mauvais temps entre deux stations de métro. Ça lui permet de combler un peu le vide et d’oublier sa solitude. Une solitude qu'il pallie en enchaînant les conquêtes : hommes, femmes, son appétit libidineux est sans limites et sans fin. Un peu de contact physique pour oublier le temps d’une étreinte brûlante le vide infini de sa vie, bâtie sciemment à force d’hypocrisie, de calculs et de mensonges. Des piliers fragiles qu’il entretient dans la corruption, l’envie et la vénalité. Peut-être que tout ça lui tombera dessus un jour, mais qu’importe ; pour l’instant, il profite.

Physique

Grand, mince, élancé. Sa silhouette est plutôt élégante, d’autant qu’il l’entretient en courant tous les jours et l’habille toujours de costumes de marque. La cravate toujours bien nouée, il aime les couleurs sombres qui tranchent avec la pâleur de sa peau. Noir, bleu nuit, gris. S’il s’autorise parfois quelques couleurs, c’est toujours dans la sobriété.

Narcisse prend soin de lui. Sans aller dans l’extrême, un peu de crème pour sa peau et un peu d’anti-cerne n’est jamais de trop. Il se sait beau, ou du moins, dans la moyenne haute des critères de beauté. Le visage harmonieux, les yeux clairs… Il en a séduit, des gens, dans sa vie ! D’autant plus que son visage s’anime d’expressions pétillantes, charmeuses et séduisantes sous sa propre volonté. Il sait mimer la joie, l’intérêt, l’étonnement ; un véritable comédien maître de ses expressions.

On pourrait croire de Narcisse que c’est un homme sans complexe, mais il en a eu. À 20 ans, il a eu son premier cheveu blanc et en très peu de temps, c’est toute sa splendide chevelure qui est devenue argentée. Il en a beaucoup souffert au début ; c’est dur d’être vu comme un vieil homme quand on est encore étudiant. Cependant, il a cultivé sa particularité pour en faire un atout. Différent, peut-être, mais justement, ne pas être comme les autres n’est pas forcément mauvais. Il a fini par arrêter de se ruiner en teintures pour cheveux et a finalement assumé sa crinière pâlichonne. Elle fait de lui un homme sans âge, entre la vieillesse et la jeunesse.

Histoire

« Tu sais, ma vie n’est qu’un mensonge. Et puisque c’est un mensonge, alors elle n’a aucune importance. »

Narcisse avait 13 ans la première fois qu’il tomba amoureux. Elle était belle. Sophie. Douce Sophie. Aux yeux bleus et joues roses, aux seins pointus et aux hanches menues. Elle était sans conteste dans le top 3 des plus belles plantes de la classe de quatrième B. Narcisse la regardait tout le temps. Le cours de français était son préféré : Sophie était assise devant lui. Il pouvait sentir les effluves de son shampoing au jasmin. C’était doux, sucré et fleuri ; une véritable odeur de fille. Narcisse, comme ses camarades, découvrait les premiers émois de l’amour, la découverte du corps des jeunes filles et l’exploration des désirs de la chair. C’étaient les balbutiements de l’adolescence, la prise de conscience de la différence des sexes et l’au revoir au monde de l’enfance. Narcisse le vivait plutôt bien. Il avait eu la chance d’être épargné par les violentes poussées d’acné et les fluctuations de sa nouvelle voix avaient eu le temps de se calmer à la fin de l’été. Un ado bien dans sa peau, ça devenait rare, à cet âge-là. Narcisse se savait bienheureux.


S’il regarda la belle Sophie pendant plusieurs mois, ce ne fut qu’avant les vacances de Noël qu’il osa l’aborder. Il la héla à la sortie du cours de maths. En s’approchant, il remarqua que son parfum avait changé. Pomme d’amour. Un vrai délice. Sophie était plus belle que jamais, ce jour-là. Sa poitrine s’était plus développée que celle de ses camarades, ce qui faisait sa popularité auprès de la gente masculine de la classe. Mais Narcisse ne regardait pas que ça. Il voyait ses prunelles brillantes et pétillantes, profondes comme l'océan et claires comme un ciel d'été. Elle regardait toujours son interlocuteur dans les yeux. Sophie était gentille, tellement gentille. Sa voix était douce comme du miel, une caresse délicate aux oreilles. Ça faisait frissonner Narcisse jusque dans son ventre où dansaient dans un tourbillon furieux au moins un millier de papillons. Il balbutia un peu ; elle rit en inclinant légèrement la tête en arrière. De sa gorge pâle s’échappait un bruit cristallin qui fit violemment rougir Narcisse : elle avait le rire des anges. Il lui fallut une bonne poignée de secondes avant de retrouver l’usage de la parole. Rassemblant son courage et le fruit de longues semaines de répétitions devant son miroir, Narcisse l’invita à sortir.


« Tu sais, les gens ne t’aiment pas. C’est l’image que tu renvoies, qu’ils aiment. »


Narcisse avait atteint ses 14 ans quand il fit l’amour pour la première fois. Avec Sophie. Douce. Chaude. Pleine de courbes. Ses mains glissaient sur son corps comme sur du satin et il se perdit dans l’infini, dans ses yeux, ses gémissements, sa chair. Sophie était toujours surprenante, toujours géniale, toujours parfaite. Toujours, si bien que Narcisse se croyait souvent dans un rêve, à se demander pourquoi une déesse le désirait, lui, pauvre mortel. Mais tout changea bien vite et son bonheur parfait, son idylle d’adolescent naïf se tacha de noir, de sombre, de ténèbres. Quelque chose se brisa et la fissure s’agrandissait de jour en jour. Narcisse voulut croire un instant que tout s’arrangerait, mais la vie lui remit vite les pieds sur terre. Sophie lui montra son vrai visage. Triste, abattue, vulnérable et résignée. Dépressive. Incapable de maintenir plus longtemps l’illusion qu’elle s’était appliquée à construire de ses sourires, de ses attitudes et de ses mots. Ce n’était pas faute d’avoir essayé, pourtant. Mais Sophie fatiguait. Épuisée, elle lâchait prise, laissant un Narcisse décontenancé et impuissant, surpris d’être englouti par une marée de désespoir, lui qui pensait avoir trouvé l’ange du bonheur.


« Mais je suis pas une image. Merde. »


Sophie avait des mots durs et cruels, des mots noirs, des mots sombres, des mots effrayants, des mots désespérés, des mots qui disaient au secours. Narcisse essaya bien de l’aider mais il se sentait impuissant face à la détresse de sa belle. Il la couvrait de mots d’amour et ses paroles se heurtaient à une triste fille, dégoulinaient le long de ses joues pour s'écraser au sol comme des larmes. Narcisse ne comprenait pas qu’elle puisse être triste. Il se mit en colère, se sentit trahi, elle lui avait donc menti, avait menti à tout le monde. Ensuite, il se mit à supplier, la pria de redevenir heureuse et lui fit des promesses qu’il ne pensait même pas pouvoir tenir. Sophie restait inatteignable, imperméable, déjà prisonnière de sa peine. Tu ne peux pas rester avec moi, disait-elle, et Narcisse de répondre que si, qu’il l’aimait, qu’il l’aiderait. Il s’épuisa à la tâche et les efforts de l’un et de l’autre se dissipaient dans les airs, disparaissaient dans le vide, inefficaces, inutiles, vains. Ce n’était pas possible pour des enfants de se comporter comme des grands. Ils étaient trop jeunes pour les tragédies. Mais Sophie suffoquait. Étouffait. Alors elle décida d’y mettre fin. Une fin au goût de somnifères et de regrets. Quand Narcisse la trouva, il était trop tard. Les secours ne purent la ranimer. Il ne lui resta en bouche qu’une amertume profonde. Elle ne sentait plus les fleurs et la douceur. Ne restait qu’une vie de mensonge, d’hypocrisie et de cachotteries.




Quand Narcisse entra à l’université, il partit s’installer en Allemagne pour étudier. Même des années plus tard, il avait besoin de prendre de la distance avec ses souvenirs. C’était quelque chose qu’il s’était appliqué à enfouir tout au fond de lui, pour garder la face devant les gens, créer l’illusion d’un bonheur parfait et donner plus de conviction à ses sourires factices. Narcisse était doué pour la comédie. Quand il arriva en fac de droit, il saisit l’occasion de repartir de zéro pour créer un personnage que tout le monde apprécierait. Fini, le lycéen morose et déprimé. Il en avait trop souffert. Il voulait que tout change, il voulait le bonheur, la perfection. Il habillait ses mots de douceur et d’illusions, se plaisait à jouer des rôles pour faire monter sa côte de popularité et se surprenait même parfois à croire à ses propres mensonges. Les gens aimaient Narcisse. Narcisse aimait Narcisse. Il se trouvait doué, charismatique et habile. Il aimait bien son personnage – plus que lui-même, d’ailleurs.


Narcisse vécut à fond sa vie d’étudiant. Les sorties, les soirées arrosées, la découverte de la liberté, la vie d’adulte, tout ça. Quand il découvrit que les gens n’hésitaient pas à le suivre pour son bagout et son assurance, Narcisse comprit qu’il avait mis le doigt sur quelque chose d’intéressant. L’union fait la force. Et il savait unir les gens à sa cause. Il s’entraîna aux beaux discours et à l’art de la démagogie, se servant souvent de ses camarades pour tester ses talents d’orateur. En deuxième année, il se hissa à la tête du Conseil des élèves. Il développa un goût certain pour la stratégie, la planification et la communication, saisissant chaque occasion qui se présentait pour séduire les gens. Séducteur… Ça oui, il l’était. Toujours assez pour faire la bête à deux dos sous les draps, mais jamais trop. Il n’allait pas plus loin ; les relations sérieuses, ce n’était pas pour lui, ça l’empêchait de se concentrer sur les choses véritablement importantes.


« T’es juste qu’un peureux, avoue-le, connard ! », Lui hurla à la face une de ses conquêtes un jour.


Peureux, lui ? Jamais de la vie ! Il était juste occupé. Un véritable emploi du temps de ministre. Narcisse était à toutes les soirées, tous les cours, tous les partiels. Fêtard et intelligent. Sociable et appliqué. Narcisse était présent sur tous les fronts. Il se devait de l’être, pour être parfait, pour cultiver l’illusion, pour séduire les foules et endormir les doutes. Épuisant mais utile. Ça en valait la peine. Se fatiguer les zygomatiques pour distribuer des sourires, tromper, manipuler, transformer, dissimuler… Ça en valait la peine.




Narcisse ne crut jamais pouvoir tomber amoureux une seconde fois, et pourtant, il le fit. Il tomba sous le charme d’une personne particulière ; un Phobos. Et qui plus est, un homme. Sa première impression en le voyant fut « quel type étrange ». Ce n’était tant pas le fait qu’il soit un hybride, mais plutôt sa manière d’être. Insouciant. Détaché. Frivole. Il se fichait du regard des gens. Tout le contraire de Narcisse, qui lui, s’appliquait à soigner son image auprès des autres. Cet homme était un véritable mystère pour lui. Parfois négligent, paresseux, n’hésitant pas à être franc au point d’en être parfois insultant. Il était grossier et toujours sincère, d’un naturel à la fois offusquant et… rafraîchissant. Puisqu’ils étaient dans la même classe, ils se côtoyaient souvent. Narcisse attirait les gens avec ses mots et sa manière d’être calculés, mais Julian, lui, avait sa façon à lui de séduire les foules. Son sourire sincère, son éclat de rire franc, son parler joyeux et brut. D’une certaine façon, son je-m’en-foutisme avait quelque chose d’attirant. Il n’était pas une image. Il était vraiment lui-même.


Narcisse le détesta tout de suite. Lui et son naturel. Cet astre autour duquel gravitaient sans effort les autres étudiants. Il le détesta pour être ce qu’il était, pour attirer les gens en étant tout ce que Narcisse évitait d’être. Il le détesta pour sa paresse matinale, pour sa tranquillité apaisante, pour sa joie en toutes circonstances. Alors que Narcisse était certain que cette haine était partagée, il s’étonnait de voir tous les jours ce type le saluer alors qu’il lui répondait toujours avec une politesse froide. Julian était gentil. Mais pas comme Narcisse l’était. Julian pouvait râler auprès de ses amis si quelque chose lui déplaisait, Julian pouvait refuser une soirée, Julian pouvait taquiner méchamment. Il n’était pas parfait. Ça énervait Narcisse. Ça l’attirait. Cette imperfection assumée, Narcisse le réalisa bien plus tard, l’avait séduit. Julian lui avoua ultérieurement que Narcisse aussi, l’avait séduit dans sa manière d’être. À cet instant, il faillit laisser tomber le masque. Faillit.


Il choisit cependant de ne pas faire cette erreur. Julian avait été séduit par l’image. Il avait aimé l’image. Alors il maintiendrait l’image. Il vécut une drôle d’idylle avec ce personnage. Il découvrit l’amour entre hommes, chaque jour séduit par la spontanéité si simple de cet homme sans secrets. On pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. Narcisse était touché par sa naïveté, ému par son honnêteté. Julian l’emmena à Anadéia, là où sa famille résidait, mais cependant, Narcisse trouvait chaque jour un prétexte pour ne pas la rencontrer. Une relation bâtie sur le mensonge ne menait à rien de bon. Narcisse le savait pertinemment. Il avait profité de longs mois de cet brusque bouffée d’oxygène qui lui faisait tourner la tête, mais il devinait que ça ne durerait pas. Narcisse aimait Julian. Julian n’aimait pas Narcisse. Il aimait son image. Leur relation était freinée par ces petits bobards, cette hypocrisie dont Julian ne se doutait pas. Narcissa décida lui-même d’y mettre fin. Dans l’amertume et la douleur, mais dans le soulagement, également, de laisser à Julian le souvenir d’un homme qu’il n’était pas vraiment, mais qu’il aurait voulu être.




Narcisse emprunta tout naturellement la voie de la politique. Il avait le talent, la volonté et la personnalité parfaite pour ça. Agir, parler, charmer… Enjôler la foule de ses mots. C’était là son travail. Son objectif. La comédie continuait. Inlassablement. Éternellement. Trompant son petit monde, Narcisse se sentit rapidement à l’aise dans le milieu politique. Il était comme chez lui. Un endroit où ses talents d’orateur lui étaient plus que jamais utiles, voire nécessaires. Il se fit vite une place chez les politiques, sympathisa avec les bonnes personnes, quitte à prendre sur lui pour supporter des plaisanteries idiotes ou côtoyer des hommes grossiers. La comédie parfaite, le rôle qui lui seyait à merveille, comme si le monde de la politique l’avait attendu toutes ces années pour finalement lui tendre les bras.


Mais la comédie, ça ne dure pas éternellement.


L’argent devint son obsession. Son salaire généreux lui permettait plus de folies, des folies auxquelles il prit goût à une vitesse incroyable. Montres de luxe, costumes de marque et objets en tout genre, il put louer un appartement de taille généreuse. Fier de ses possessions, il les exhibait à qui voulait les voir – ou non, d’ailleurs. Ce qui était un luxe pour lui avant devint banal. Il voulut plus. Bien plus. Son salaire, toutefois, n’était pas infini et ne put pas suivre les folies matérialistes du jeune politicien. Il faisait de son mieux, pourtant, pour gagner autant que possible, mais le monde étant ce qu’il est, il se rendit à l’évidence que la vie tant désirée de millionnaire resterait un doux rêve. Du moins, il le croyait.


Quand on agite les foules, forcément, on finit par se faire repérer. Narcisse eut la chance d’attirer l’attention des rapaces. Ceux qui errent, qui attendent, tapis dans l’ombre. Ceux qui saisissent l’occasion de tisser leur toile. Des membres de la pègre locale, prêts à corrompre pour mieux régner. Et Narcisse était le client parfait : vénal et charismatique, matérialiste et démagogue. Quand il se fit aborder pour entendre ces propositions, quand on lui glissa sous le nez un pot-de-vin généreux, Narcisse ne refusa pas tout de suite. Il mit un certain temps avant de secouer la tête. Quelques longues secondes s’écoulèrent, durant lesquelles il se vit conduire au volant de sa berline flambant neuve pour rentrer siroter un Dom Pérignon sur son canapé en cuir. Même seul en compagnie de ces brigands, Narcisse continuait à jouer son rôle, ne fut-ce que pour maintenir l’illusion de l’homme droit et honnête qu’il était. Cependant, quand on fit semblant d’insister, il accepta. Après tout, ce n’était comme s’il était vraiment droit et honnête.


De l’argent facile en échange de quelques paroles, ce n’était pas compliqué. Communiquer quelques informations à la pègre, convaincre les politiques les plus récalcitrants, être le fruit pourri de la corbeille… Narcisse n’avait que faire de ce qu’on penserait de lui. Il n’avait jamais servi que ses propres intérêts, quitte à ce que les autres en pâtissent. Anadéia pouvait bien tomber en cendres, du moment qu’il pouvait continuer cette vie confortable de citadin friqué. Corrompu jusqu’à l’os, Narcisse ne laissa pas un seul moment ses collègues douter de sa sincérité. Il ne fallait pas qu’on le découvre ; si c’était le cas, sa carrière était finie et il pourrait dire adieu aux petites coupures échangées sous le pli du manteau, adieu à sa vie d’opulence, adieu à sa petite comédie. Il s’appliqua donc à ne rien laisser paraître de ses petites affaires, s’assurant que tous ses échanges se fassent discrètement, au point même de s’acheter un téléphone consacré exclusivement aux contacts avec la pègre. Un véritable petit truand en costume noir.


Quand le vent de panique soulevé par le scandale Xarunta agita la vie politique de la cité, Narcisse fut aux premières loges pour y assister. Il entendit les débats sur les hybrides, eut vent des protestations et il était là quand le Parlement se remua de toutes ses forces pour espérer calmer les foules. Bien entendu, la pègre aussi, était là. Restés dans l’ombre, comme tous les autres, ils furent rapidement mis au courant du scandale. Dans la panique, le doute, la peur et la haine, ils songèrent que le climat d’instabilité qui régnait était parfait pour agir. Agitant la carotte face au museau de l’âne, ils comptèrent bien continuer de se servir de leur cher politicien véreux pour assoir peu à peu l’autorité indéniable de la pègre anadéinne.


Alors la comédie continue. Les faux sourires s’additionnent. Les mensonges s’accumulent. Et Narcisse, égal à lui-même, reste le rôle principal de son histoire si bien mise en scène.

  • Awful
  • Je l'ai créé, duh
  • Coucou ! Je suis super content de pouvoir enfin inaugurer Ex-Nemesis V2.0 et d'enfin pouvoir rejouer mon petit Narcisse ** J'ai de grands projets pour ce perso et j'espère pouvoir bien m'amuser avec vous !
    Pour dire quelques mots sur moi, et bien... J'aime dessiner, écrire, coder, manger et dormir. Et euh... Voilà. À plus dans le bus.
Wearing a mask wears you out. Faking it is fatiguing. The most exhausting activity is pretending to be what you know you aren't.
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Awful
Politicien
33 ans
Humain

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